Diallo Kadiatou

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Cona-Cris Express ressuscite : Les usagers se frottent les mains

Suite à la marche organisée par les forces sociales de Guinée le mardi 10 juillet, sur l’autoroute Fidèle Castro pour le retour du prix du carburant à 8 000 GNF, le goubernement par la voix du ministre de l’information et de la communication, Amara Somparé, avait annoncé la mise en circulation d’une quarantaine de bus et la relance du train Cona-Cris Express. Chose promise chose réalisée.

Immobilisé depuis cinq mois, le train Cona-Cris Express a repris service le jeudi 12 juillet. Depuis son arrêt, ils étaient très nombreux les commerçants, les fonctionnaires, les étudiants et les élèves à traverser un véritable calcaire pour se déplacer de Kagbélen à Kaloum. Aux dernières nouvelles, cet arrêt faisait suite aux manifestations de rue qui secouaient le bled pendant les élections communales.

Le Directeur Général de la Société Nationale des Chemins de fer de Guinée (SGCFG), Badra Yoras, joint au téléphone, donne les raisons de l’arrêt. « On avait décidé d’arrêter le train après les campagnes électorales pour préserver notre sécurité. A plusieurs reprises on a subi des attaques par les jeunes de la Carrière, de Cosa, de Simbayah et de la Cimenterie. Il suffisait qu’il y ait des mouvements sociaux pour que les loubards s’en prennent directement au train. Malheureusement, après les élections les hostilités avaient continué, donc on avait a décidé d’arrêter toute activité jusqu’à ce que le calme reprenne », explique le DG des Chemins de fer. Il a ajouté qu’outre la sécurité, ils ont subi une énorme perte économique durant deux mois de travail pendant la période électorale et post-électorale. «Ces jeunes brûlaient des pneus et si le train rencontrait un tel obstacle il s’arrêtait et consommait du carburant avec le risque d’être lapidé avec les passagers et le personnel. Les vitres étaient parfois caillaissées. Les pertes s’élevaient à 17 millions par jour » renchérit-il.

Pour Bademba Barry, chef de la division exploitation de la Société Nationale des Chemins de Fer de Guinée, de nouvelles mesures sont en vue pour empêcher désormais de telles situations. « Il y a l’Agence Nationale d’Assainissement qui s’occupe du nettoyage de la voie ferrée ». Il estime tout de même que chacun à un rôle à jouer dans cette partie. « Nous demandons une implication des élus locaux, de la presse, etc… la presse peut aider tout en faisant une large sensibilisation des citoyens en les invitant de ne pas déverser les ordures ménagères sur la voie ferrée », souhaite-t-il. Alseny Diakité, passager, se dit content de la reprise du train parce que selon lui, circuler à Conakry est devenu chose qui n’est pas du tout facile. Il demande tout de même à l’Etat de fournir plus d’effort afin que le prix du car-brulant diminue. Pour terminer, il a porté à la connaissance des clients que malgré l’augmentation du prix du litre de carburant à la pompe le transport reste-le même.

Déguerpissement du dépotoir de Dar-es Salam : Bouréma Condé menace

L’opération d’accompagnement des riverains de la décharge de Dar-es-Salam a débuté le lundi 2 juillet, au siège du Gouvernorat de la ville de Cona-Cris à Kaloum. Pour la première journée, aucun riverain n’a répondu à l’appel des autorités selon le général Bouréma Condé.

Rencontré sur les lieux, le ministre de l’administration du trottoir et de la décentralisation, le général Bouréma Condé, a estimé que l’appel est tombé dans de sourdes oreilles. Car, il a insisté que les bénéficiaires viennent ou ne viennent pas prendre leurs primes d’accompagnement, le déguerpissement se fera dans les prochaines 24h. « Nous constatons que malgré la disponibilité des 4 milliards 20millions de francs guinéens pour les 201 familles recensées, aucune d’entre elles n’a daigné répondre à notre appel. Nous lançons un appel qui arrive à expiration dans les 24 heures, si, personne ne vient chercher son argent donné à titre d’accompagnement, nous passerons directement au déguerpissement ». Il souhaite tout de même qu’une oreille attentive et citoyenne soit prêtée à ce message. Parce qu’« il s’agit d’une part, de l’occupation illégale d’un patrimoine de l’Etat et d’autre part, des vies humaines en danger » a lancé le général Bouréma Condé.

Pour ceux qui pensent qu’ils peuvent continuer à vivre sur le site de la décharge ils se trompent. Le ministre du trottoir répond : « Ceux qui pensent qu’il faut continuer de vivre dans la décharge de façon illégale et s’exposer encore à d’autres risques, auront à choisir. En tout cas, l’Etat a déjà choisi de les accompagner à travers cette enveloppe de 20 millions afin d’aller vivre ailleurs ».

A rappeler, il y a juste un an, sous l’effet des pluies diluviennes, cette décharge avait causé des pertes en vies humaines. « C’est pourquoi, un avis a été donné aux riverains de libérer les lieux. Hier, aujourd’hui, tout comme demain, personne parmi les riverains de cette décharge ne peut exhiber le moindre document officiel d’une quelconque parcelle » souligne-t-il.

Bouréma Condé invite et sollicite l’implication active du gouverneur de la ville de Cona-Cris, les autorités locales de Ratoma, les chefs de quartier de Hamdanlaye et ceux de Dar-es Salam afin d’informer davantage les familles concernées pour qu’elles reviennent à de meilleurs sentiments. « Quoiqu’on fasse les lieux seront récupérés » menace-t-il.

Echiquier politique : Bah Baadiko ausculte l’actualité

Le président de l’Union des Forces Démocratiques (UFD) se penche sur l’actualité politique du pays. Des élections communales dont les résultats peinent à être définitivement rendus à la composition de la nouvelle équipe gouvernementale, Baadiko Bah fait son diagnostic.

Lors d’une conférence de stresse, le jeudi 28 juin 2018, à Conakry, devant un parterre de journalistes le leader de l’UFD n’a pas fait de cadeau à son allié Alpha grimpeur. Pour commencer il a indiqué qu’au cours de ce premier semestre de l’année 2018, la Guinée a connu d’importants changements politiques, sinon de véritables bouleversements qui marqueront, à n’en pas douter, un nouveau tournant historique pour le pays. « Des élections communales différées depuis 2010 se sont enfin tenues le 4 février 2018. Les contestations et les violences qui les ont suivies dépassent et de loin, tout ce que nous avions connu dans le passé. Quatre mois après la proclamation officielle des résultats, les élus ne sont toujours pas installés », note l’homme politique dans une déclaration rendue publique à cet effet.

 Poursuivant, il a fait cas de la grève générale des enseignants qui a paralysé le système éducatif, avec ces manifestations massives de femmes en colère contre la misère, les conditions de vie insupportables et l’incurie des pouvoirs publics.

 « C’est dans ce contexte de tensions politiques et sociales extrêmes et de mécontentement généralisé que le président Alpha Condé a fait une déclaration fracassante devant les femmes réunies au Palais du peuple le 8 mars 2018, pour célébrer la fête Internationale des Femmes. Après déclaré avec force deux jours plus tard qu’il ne ferait jamais de remaniement ministériel sous la contrainte, il annonça des changements profonds dans l’équipe gouvernementale pour répondre aux revendications du peuple pour une vie meilleure ».

De la mise en place du goubernement

 Selon Baadiko Bah, l’annonce de la nouvelle équipe goubernementale a eu l’effet d’une douche froide pour tous ceux qui espéraient que le président de la République allait enfin tirer les leçons des échecs de sa politique en mettant en place une équipe crédible, capable de traduire les réformes tant attendues dans les faits, afin de faire prendre au pays un nouveau départ, après tant d’espoirs déçus.

 En 2010, le grimpeur avait dit et à plusieurs reprises qu’il ne travaillerait pas avec des anciens dignitaires du régime du général Lansana Conté. Mais Baadiko Bah constate aujourd’hui que le président de la République a été contraint de leur faire la part belle, avec plusieurs postes-clés. « Plus de la moitié des membres de l’équipe précédente sont reconduits. Mais le plus intéressant dans ces mouvements, c’est le repêchage de la majorité des anciens ministres non reconduits comme ministres-conseillers à la Présidence. C’est devenu presque une loi non écrite : pour leur fermer la bouche, les ministres limogés ont droit à un lot de consolation : ministres sans portefeuille, ministres flottants ou « ministres sans bureau. Toute une petite armée, pendant qu’on clame que l’Etat n’a pas assez de ressources pour faire face à ses obligations minimales vis-à-vis des populations », soutient l’opposant.

 De l’avis du conférencier, « le décret de nomination du gouvernement le 26 mai 2018 a donné lieu à un cafouillage honteux qui a jeté une lumière crue sur la situation dramatique dans laquelle le pays est tombé : aucun ministre de l’Elevage n’est nommé, alors que ce poste figure bien dans l’organigramme du gouvernement ». Pourtant nul n’ignore de ce département, sécurité alimentaire !

« On a appris par la suite que le pressenti avait catégoriquement refusé d’occuper un tel poste qui ne répond sans doute pas à ses ambitions. C’est un ‘‘petit ministère’’ dont le budget ne représente même pas 0.03% du budget national ! Quelques jours après, l’impétrant, selon ses exigences, était nommé en grande pompe au ministère de l’Environnement. Y a bon ce qui reste des forêts guinéennes avec nos amis Chinois et tous les prédateurs de toutes sortes! », s’exclame Baadiko.

Discours du PM à l’Assemblée Nationale : Jean Baptiste Williams et Cie déçus

Lors de la présentation de la lettre de Politique générale du goubernement, le 27 juin à l’hémicycle le Cas-Sorry a omis le secteur de la Culture et des Sports. Cela ne reste pas sans réactions. Certains justifient cela par le fait que le département n’a pas produit de notes techniques telles que demandé à tous les départements. Le vendredi 29 juin, Jean Baptiste Williams, le Directeur national de Culture, porte-parole du ministère des Sports, de la Culture et du Patrimoine historique, joint au téléphone s’est s’inscrit en faux contre cette assertion. « Je me porte en faux. Le conseiller chargé de la Culture a déposé en bonne et due forme les notes techniques. On fait partie des tout-premiers départements auxquels on a demandé. On ne peut pas désobéir à des instructions. Ceux qui le rapportent, se trompent sur toute la ligne ».

Pour lui, cette omission est vraiment déplorable « c’est complètement dommage ! Je ne voulais même pas me prononcer sur le sujet, parce que nous, on a fait notre travail. Entre nous et le Premier ministre, il y a le chef de département. C’est simplement désolant. Mais on a déposé, et à temps » Il ajoute « j’ai échangé au téléphone avec M. Mounir Camara, qui est l’un des conseillers du Premier ministre. Et j’étais dans le bureau du chef de Cabinet au moment où le conseiller chargé de la Culture faisait le dernier draft. On a revu ensemble et ça a été déposé. Je dois obéir à la discipline administrative. On a revu l’ancienne lettre de mission de l’ancien premier ministre. On a tiré tout ce qu’il y a de pertinent dans le plan d’actions à court, moyen et long termes » justifie-t-il.

Pour cet autre passionné de la culture et du sport, Thierno Saidou Diakité qui attendait avec impatience la présentation de la lettre de politique générale du goubernement il dit ne pas être surpris de cette omission « le problème, c’est que ce fait n’est pas nouveau. Mohamed Saïd Fofana avait fait la même omission. Moi, je pense que cela procède d’une approche que le gouvernement a vis-à-vis de ces deux secteurs, alors qu’il est établi maintenant que le sport et la culture sont des secteurs qui apportent d’importantes ressources financières et qui créent de nombreux emplois directs et indirects au même titre que les autres secteurs d’activités ». Il recommande tout de même « si on parle de la renaissance du pays, je pense qu’on doit intégrer obligatoirement ces deux secteurs dans le vaste programme de développement qu’on envisage à l’horizon 2020 et 2030 ».

Kadiatou Diallo

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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