Filtrer les éléments par date : mardi, 15 mai 2018

Prétendu complot contre l’Etat : Koureissy Condé soutient Doura Sanoh

La CASCAD, Coalition des acteurs pour la consolidation des acquis démocratiques, a cascadé ce 15 mai à la maison de la paresse. Dans une déclaration, la Cascad a apporté son soutien à Abdourahmane Sanoh, dans le viseur du pouvoir depuis quelques semaines pour avoir soutenu publiquement le SLECG d’Aboubacar Soumah. Cela lui a valu d’être soupçonné de vouloir déstabiliser le régime Grimpeur. Si une catégorie de la société civile a enfoncé Doura Sanoh, devenu encombrant, la CASCAD, qui regroupe plusieurs plateformes est solidaire. Elle décide « d’apporter son soutien à toute personne qui sera inquiétée dans le cadre de ces accusations, mais surtout d’œuvrer pour que toute la lumière soit faite sur l’origine et les véritables motivations des accusations portées contre une frange de la société civile ».

Sékou Koureissy Con()dé, dirlo de la CANEG, regrette le fait que la société civile soit souvent confondue aux partis politiques : « Le rôle de la société civile c’est d’apaiser, faire de la médiation et des interpellations. Ce que nous demandons, c’est la reconnaissance. Nous ne sommes ni un parti d’opposition ni un mouvement de contestation, mais un contrepouvoir. Nous portons la contradiction à la classe politique pour attirer son attention sur les préoccupations du peuple. Faire en sorte que la thématique de complot ne revienne pas dans le vocabulaire guinéen. Lorsque le chef de l’Etat fait allusion à une telle chose, c’est préoccupant. Vous ne pouvez pas porter une telle accusation contre un citoyen et que le lendemain tout le monde se taise ».

La CASCAD appelle à la mobilisation de tous les acteurs sociaux pour créer une union et barrer la route à tous ceux qui cherchent à compromettre la quiétude sociale.

Yacine Diallo

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Aboubacar Soumah au gouvernement : « le 25 mai, s’il n’y a pas d’issu, on déclenche une grève ».

L’annonce de l’organisation, ce 16 mai, d’un congrès de l’autre branche du Slecg dirigée par Soul Sy Savané enrage l’autre branche dirigé par le ‘’rebelle’’, Aboubacar Soumah. Le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée est tiraillé entre ces Djo, Aboubacar Soumah, et Soul Sy Savané. Aboubacar Soumah enrage et menace de rééditer la grève, encore que les négociations sur les 8 millions comme salaire de base n’avanceraient pas.

Le goubernement, par la voix de son mégaphone, et sinistre du Travail, Albert Damantan Camara a nié toute implication du gouvernement dans l’organisation du congrès. Et si un groupe décide d’organiser son congrès, « le gouvernement ne peut pas l’interdire ». Par contre « on peut ne pas l’entériner en tant que tel, parce qu’il y a un groupe avec lequel nous discutons et qui conteste votre légalité et légitimité ». Le ministre souhaite que le Slecg lave le linge sale en famille pour permettre au gouvernement d’avoir un interlocuteur unique. « On avait refusé de valider un congrès du Slecg à cause de monsieur Aboubacar Soumah, et il pense que le gouvernement soutient Monsieur Sy Savané. C’est une mauvaise lecture de la chose » fulmine le ministre.

Pour lui, le gouvernement a reconnu M. Soumah comme interlocuteur, négocie avec lui et continue de négocier, c’est la preuve de la réalité sur le terrain, dit-il. « Maintenant la légitimité juridique et administrative doit être confirmée par l’assemblée générale ou le congrès, il y a un minimum de formalité pour que la légitimité rejoigne la légalité. Sinon nous serons en contradiction avec nos textes, avec les autres syndicats, avec le BIT. Comme nous n’avons pas le droit de nous immiscer dans les affaires syndicales, nous demandons aux deux entités de se mettre d’accord. Sinon, le gouvernement va transférer le dossier devant le tribunal de travail, habilité à trancher la question ».

La rage

Pour le ‘’Rebelle’’, les propos du ministre ne sont pas rassurants et rappelle que le gouvernement tente le tout pour tout pour l’empêcher de mettre en place ses antennes à l’intérieur. Sans oublier qu’il avait réprimé son congrès. « Le gouvernement a octroyé à cette branche du Slecg, une salle pour tenir son congrès et prévoit d’envoyer des délégués, c’est dire qu’il est derrière tout. Nous savons que c’est la branche de l’Etat, mais nous les mettons en garde que ce ne sera pas sous le label Slecg. Ils sont libres de tenir le congrès, mais qu’ils trouvent une autre appellation à leur syndicat. Le Slecg est unique, et c’est l’interlocuteur des enseignants auprès du gouvernement. Si le congrès est tenu sous le label SLECG on va déclencher une grève ». Le ‘’rebelle, rappelle que depuis le 4 mai, le Slecg négocie avec le gouvernement sur les 8 millions, mais rien ne bouge. Le gouvernement profite de la situation pour jouer la montre, mais « si d’ici le 25 mai il n’y a pas d’issu, on déclenche une grève ».

Cependant, le congrès pourrait bien se tenir. Soul Sy Savané joint au téléphone n’a pas nié. Et dans l’après-midi de ce mardi, Soumah et compagnie ont convoqué une réunion à leur siège pour fustiger le caractère partial du goubernement et réitérer les menaces de grève. Quand deux Slecg se suivent, le second se met à l’infinitif !

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Quelle Banque Centrale pour la Guinée et quelle indépendance pour ses dirigeants ? (Safayiou Diallo, économiste-chercheur [2/3])

 

Par rapport aux critères d'indépendance légale (GMT et CWN), les statuts de 1994 et 2009 donnent des qualifications différentes à l'indépendance des dirigeants. La différence fondamentale réside dans le nombre de membres du Conseil d'Administration (CA) et leur mode de désignation.

 

Les statuts de 1994 portent à dix-huit (18) ces membres, dont le Gouverneur (Président du CA) et le Vice-gouverneur. Avant d'être nommés par décret du Président de la République, les autres membres sont désignés de la manière suivante :

 

·      2 par le Président de la République ;

 

·      2 par le Président de l'Assemblée ;

 

·      2 par le Président du Conseil Economique et Social ;

 

·      2 par le Ministre Chargé de l'Economie et des Finances

 

·      8 sont choisis selon leurs qualifications dans les domaines économique, financier, monétaire et bancaire.

 

Ce mode de désignation du conseil d'administration viole le principe d'indépendance des dirigeants. En effet, lors des réunions du conseil, les positions exprimées par ces huit membres désignés par de hauts responsables de l'administration pourraient, avec une forte probabilité, refléter celles de leurs départements respectifs, même si ces positions ne sont pas conformes aux textes des statuts.

 

Dans les statuts de 2009, le nombre de membres du conseil est ramené à sept (7), dont le Gouverneur (Président du CA) et les deux Vice-gouverneurs. Les quatre (4) autres membres sont nommés par décret du Président de la République sur proposition conjointe du Ministre en chargé de l'Economie et des Finances et du Gouverneur de la BCRG à raison de deux par institution. Cette restructuration a l'avantage de réduire les interférences éventuelles des autres structures de l'administration publique, tout en contribuant au renforcement de la coordination des politiques budgétaire et monétaire.

S’agissant de la question concernant l’objectif de la Banque Centrale, nous pouvons dire que la Guinée à l’image de la Banque Centrale Européenne, la Banque Centrale de la République de Guinée(BCRG) a pour mission de mettre l'accent sur la lutte contre l'inflation. Nonobstant, la lutte contre l'inflation ne constitue pas une fin en soi, elle n'est qu'un moyen permettant d’aller vers une croissance économique plus stable mais, en tant que telle, l'inflation ne doit pas constituer un objectif à part entière.

Aux Etats-Unis, la Fed, a pour mission de s'intéresser à l'inflation, mais aussi au chômage et à la croissance[1]. Lorsque Stiglitz présidait le conseil économique du président Clinton, le sénateur de Floride, a proposé que l'on change la charte de la Fed. Il voulait que cette dernière ne s’intéresse uniquement qu'à l'inflation comme les Européens. Stiglitz a dit au président qu’ils allaient mettre ce projet dans la campagne, en demandant aux électeurs si le chômage est ou non intéressant ? Le peuple américain pense-t-il que la Fed ne doit s'intéresser qu'à l'inflation ou pense-t-il que l'emploi, le chômage sont importants aussi ?

Au finish le président s'est exprimé, et le sénateur de Floride a répliqué qu'il disait ça pour plaisanter. Evidemment, cette idée est tombée à l'eau très rapidement. Il n'y a pas eu de débat sérieux au Sénat quant à un amendement de la charte de la Fed.

En plus de l’objectif de stabilité[2] la Banque Centrale de la République de Guinée doit combattre véritablement le chômage, parce que si une personne perd son emploi, ça aura de conséquences néfastes pour elle, et sa famille toute entière.

Certes il faut mentionner que les économistes ont des points de vue différents sur cette question. Ceci est dû au fait que les responsabilités définissent dans une large mesure les points de vue des uns et des autres. Dans la plupart des cas, les travailleurs n'ont pas leur mot à dire sur la politique monétaire.

Pourtant un certain nombre de pays a tenu compte de cette limite. En Suède par exemple, un représentant des travailleurs fait partie du conseil de la Banque Centrale. On y entend ainsi une voix qui s'exprime en faveur de la lutte contre le chômage.

Aux Etats-Unis la Banque Centrale est plus indépendante et plus démocratique qu'en Europe et que dans un certain nombre de pays. Deux fois par an, le responsable de la banque centrale doit faire un rapport d'activité devant le Congrès.

En dépit de tout cela, un ancien responsable de la Fed, dans un discours célèbre, dit à peu près : «le Congrès nous a créés, le Congrès peut nous détruire». Autrement dit, bien qu'indépendante, la Fed a une certaine sensibilité politique beaucoup plus qu'un grand nombre de banques centrales, notamment la Banque Centrale Européenne (Joseph Stiglitz, 2004).

De plus, il faut bien voir une chose assez malheureuse, les banquiers centraux se sont drapés de compétences qui, en réalité, n'existent pas. Dans la plupart des pays, ce ne sont pas forcément les meilleurs économistes qui sont les mieux placés pour formuler des jugements en matière de macroéconomie (Joseph Stiglitz, 2004).

Le résultat de tout ça, c'est qu'un grand nombre de banques centrales ne produisent ni la stabilité ni la croissance. Si l'on regarde différents pays, on s'aperçoit que, pour la plupart, les banques centrales indépendantes qui mettent l'accent sur l'inflation ont réussi à réduire cette dernière. Mais la question est de savoir si la croissance s'est accélérée. Est-ce que les salaires ont augmenté ? Est-ce que le chômage a baissé ? Est-ce que la performance réelle est meilleure ?

 


[1]D’autant que beaucoup d’économistes ont tendance à croire que la Fed poursuit un double objectif (inflation et croissance).

[2]Les statuts de 1994 différent en un point essentiel des statuts de 2009Concernant l'indépendance des objectifs, car, les premiers sont muets sur l'objectif de stabilité, tandis que les seconds stipulent clairement à l'article 9, que « l'objectif principal de la Banque Centrale est d'atteindre et de maintenir la stabilité des prix»

 

 

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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