ça maraboute

Ah les femmes

Ça maraboute!

A priori, aller consulter un marabout n’est pas un mal en soi. Mais le hic, c’est lorsque certaines personnes qui consultent des marabouts ne jurent plus que par la parole de ceux-ci. Cette confiance aveugle conduit le plus souvent à des conséquences désastreuses. Dans la Guinée hyper crédule d'aujourd'hui, les marabouts sont aussi sollicités que les médecins. Des hautes autorités au citoyen lambda, tout le monde fait recours à leurs « services ». Mais il faut admettre que la clientèle la plus assidue se recrute parmi les femmes. Un petit cauchemar fait la nuit, un différend avec un ou une collègue de service, un voisin ou voisine, il faut absolument faire recours aux « cauris », au « sable » ou à «l’encre » du marabout. Pour beaucoup de femmes et voire de filles, le phénomène est devenu une nécessité, une dépendance en dépit de leurs nombreuses déceptions au bout du compte. Si bien qu’elles courent bien les rues ces femmes qui ont dit adieu à leurs maris et à leurs foyers à, cause du maraboutage.

Par ailleurs, il n’est pas rare de voir des femmes mentir sur leur destination. Théoriquement, elles se trouvent à un baptême ou un mariage, chez une amie ou une tante. En réalité, elles sont parties consulter un marabout,  parfois hors de la ville même. En outre, ce n'est que de dépenses consenties non seulement pour les consultations, mais pour les sacrifices qui s’en suivent. Encore faut-il que les divinations du marabout soient exactes. Et même si c’est le cas, est-ce vraiment une voie à suivre ? Victimes de violences, d’analphabétisme et de bien d’autres maux, les femmes vulnérables se laissent entraîner dans des situations dangereuses pour leur intégrité physique et morale. Mais que faire puisque ça continue et personne ne semble y prendre garde. Pourtant, il est établi que le future, c'est l'inconnu par excellence. Le future que vous connaissez s'appelle future-antérieur. Philosophes, sages et grammairiens sont d'accord là-dessus. Mais vous pouvez toujours y aller!

Asmaou Barry

A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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