Culture : SOS pour Cherif Hamidou

Les fans du groupe de rap Douda Incha Allah risquent de ne plus entendre la voix de Clacs, alias Chérif Hamidou. Révélation des années 2000, le groupe est orphelin de son Clacs depuis 2015. Après la sortie de l’album "Qui ne dit rien consent’’, Hamidou Chérif a été terrassé par une maladie contre laquelle il se bat avec de maigres ressources. Clacs est cloué à la maison, entouré de sa famille, amaigri, visage émacié, pieds enflés, ventre ballonné. Malgré cet état, Cherif est optimiste. « Aucune aide du ministère de la Culture. Je demande de l’aide à l’Etat et aux bonnes volontés pour me faire soigner à l’extérieur ».

Cherif a commencé la musique en 1996 et intégré Douda Incha Allah en 2002. Après la sortie de leur premier album ‘’Qui ne dit rien consent’’ en 2007, Hamidou Cherif a été touché par cette maladie : « Tout a débuté par un palu chronique. J’ai suivi le traitement, mais je continuais de ressentir des douleurs articulaires. Je suis allé à la clinique Pasteur. Ils m’ont fait faire plusieurs examens, qui ont permis de diagnostiquer une arthrose. Mes pieds ont commencé à enfler. Je n’avais pas de moyens de payer les soins. Un ami m’a amené à Mafrinyah à l’indigénat. On est en Afrique, tout est possible. J’ai fait trois mois de traitement, en vain. Je suis rentré à Conakry ».

Les acteurs culturels sont-ils informés de son état ? Chérif dit ne pas savoir la démarche à suivre. Mais son collègue du groupe Douda Incha Allah, Woula Thug, lui a promis de publier ses photos sur les réseaux sociaux et écrire une lettre au ministère de la Culture pour solliciter son aide. Sauf que, Chérif ne compte pas sur l’Etat. Il a en mémoire le cas de Big Dre, un autre rappeur qu’on avait évacué tardivement et mort quelques jours après. « L’Etat ne vient en aide que quand il est trop tard », confie-t-il. Clacs compte plutôt sur les bonnes volontés. En attendant, il prend son mal en patience.

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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