Déguerpissement à Avaria : Les femmes ne gobent pas
- Écrit par Diallo Oumar Tély
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L’opération coup de balai de la police est passée par Madina, le marché bouillonnant de Cona-cris. Si dans les autres rues, les victimes se sont résignés, les ‘’avarieuses’’, elles, ont tenu à se faire entendre. Ce lundi, après un moment d’agitation ponctué de rage et d’injures, elles ont décidé d’aller voir le ministre de la Sécu, Abdoul Kabélé-bélé.
Arrivées au ministère sans incident, elles ont composé un groupe de négociatrices pour rencontrer le ministre. Elles ont été reçues pendant que le groupe attendait. L’entretien n’a pas duré, le ministre reste de marbre. « Personne ne doit occuper la chaussée, tout occupant devra se placer en amont des caniveaux sous peine de sanction ». Les nounous sont rentrées, sans doute avec peu d’espoir de reprendre un jour leurs places avariées.
Ce lundi, Madina enregistre une forte présence policière. Sur le Niger, la chaussé était dégagée, jouer au ballon, faire des courses sans vous souciez de piétiner un étal était possible. Là-bas, les anciens jurent sur le palpitant que jamais une opération de déguerpissement n’a été aussi brutale et radicale. Les forces de l’ordre ont démoli les tables dans la nuit du vendredi à samedi, démantelés des containeurs. Samedi matin, les propriétaires étaient sans mots, le moral sans doute aussi démoli que leurs propriétés. Ainsi, des milliers de foyers sont privés de revenus.
Aux yeux de nombre d’observateurs, déguerpir c’est bon, mais créer de nouveaux marchés serait mieux.