Communiqué : Déclaration du mouvement citoyen R.E.M relative aux élections communales du 04 Février 2018

Peuple de Guinée, chers compatriotes,

Les élections communales du 4 Février dernier dont nous attendons avec impatience les résultats ont été un tournant majeur dans l’histoire de notre jeune démocratie.

Pour la première fois de l’histoire des consultations électorales en république de Guinée, la possibilité a été offerte aux citoyens lambda à travers les candidatures indépendantes de participer aux élections pour élire les administrateurs locaux.

C’est une avancée significative qui mérite d’être saluée ainsi que tous ceux qui ont contribué à ce que cela soit une réalité ; nous les appelons à ne pas baisser les bras et à continuer à se battre pour que les candidatures indépendantes soient admises pour les autres consultations électorales en l’occurrence les élections législatives et présidentielles.

Notre mouvement citoyen, la république émergente et moderne (REM) qui a participé activement à ces élections locales en se présentant à travers une candidature indépendante pour la mairie de Ratoma s’était au départ réjoui de l’atmosphère paisible et cordiale qui avait caractérisé la campagne électorale en dépit de quelques excès.

Malheureusement nous, Guinéens, n’avons pas tardé à renouer avec nos vieux démons qui consistent pour certains à usurper la voix des citoyens exprimée à travers les urnes et à instaurer un climat de peur à travers les violences physiques et verbales.

Nous regrettons profondément que ces élections locales qui auraient dues être celles par lesquelles les citoyens à la base expriment leurs besoins et exigences en matière de développement local, se sont vue dévoyées par l’instrumentalisation à base communautaire des partis politiques de la mouvance comme de l’opposition qui ont dénaturé le sens même des élections en se lançant dans la campagne comme s’il s’agissait d’un scrutin présidentiel, parfois avec l’implication de l’administration publique que nous dénonçons au passage. Cela a contribué à fausser l’enjeu et à ramener le débat à des questions de personnes en lieu et place des projets de société.

Cela faisait plus d’une décennie que ces élections étaient attendues, la CENI guinéenne avait une occasion de se racheter de ses nombreux manquements du passé et de tourner la page de sa mauvaise réputation. Hélas ce qui avait plutôt bien démarré s’est au fil des heures et des jours, transformé en un cinéma au scénario improbable.

Incapable de faire preuve de fermeté ou volonté délibérée de fausser le jeu, la CENI à travers ses démembrements (CECI et CESPI) s’est montrée complaisante face à l’implication et à l’ingérence d’individus tiers qui n’ont du reste rien à voir avec le processus et dont l’objectif avoué était de tricher pour favoriser le candidat de leur choix.

Pendant le scrutin des anomalies majeures ont été relevées, notamment l’interversion des destinations des bulletins de vote, la circulation de listes d’émergement parallèles, la violation du matériel électoral, des bourrages d’urnes ont été relevés et rapportés par des observateurs sur le terrain ainsi que plusieurs tentatives de substitutions de procès-verbaux pour ne citer que celles-là.

La force de sécurisation du processus dénommée USSEL a été l’un des plus gros gâchis du processus, incapable de sécuriser le vote donc de jouer pleinement la mission pour laquelle elle a été mise en place.

Quant au processus de centralisation, nous déplorons la lenteur avec laquelle il est effectué puisqu’en principe ces élections sont des élections dont l’organisation a été décentralisée et confiée aux CECI et CESPI et qui normalement sont plus proches des localités du vote. Cela représente une autre anomalie majeure qui pourrait entraver la crédibilité du processus.

Tous ces manquements obstruent considérablement la sincérité du scrutin et nous amènent à croire que le vote du 4 février a été détourné de son objectif et de son but. Nous estimons donc que les élections communales du 4 février devraient être reprises, ni plus, ni moins, selon les dispositions de la loi électorale.

Àdéfaut, nous invitons la CENI à ne publier que les résultats issus du dépouillement et du décompte des bureaux de vote en s’abstenant d’annuler des votes sous prétexte d’allégations sans preuve tangible pour préserver la paix et la quiétude sociale.

Nous profitons de cette occasion pour adresser notre compassion aux personnes éplorées par les violences post-électorales et nous appelons la Justice à jouer pleinement son rôle pour situer les responsabilités.

Chers compatriotes

Nous vous invitons au même titre que les acteurs politiques et la CENI, à faire preuve de maturité et à ne pas succomber à la tentation du diable qui se manifeste par l’injustice, la confrontation, la violence et la destruction, car notre pays a besoin de paix, gage du progrès et du développement.

Que Dieu Bénisse la Guinée, les Guinéennes et les Guinéens.

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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