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Affaire Bolloré : Dadis Show, les 7 millions d’euros, Sylla patronat dit tout

Bolloré c’est simple, dit l’homme d’affaires. Ce jeudi, Sylla patronat comme il se fait appeler a évoqué l’épineux dossier Bolloré, à la conférence de presse de l’opposition respire-lacrymogène. A l’époque, prési du patronat « très puissant », ami du prési Conté, il était informé de tout ce qui est économique dans le pays. Et 3 des 4 candidats sont allés le voir pour un coup de main. Getma International était représenté par Chaloub qui était membre de son patronat, Maersk line représenté par Mory Keita et Bolloré représenté par Demba Fadiga, aujourd’hui député. Il y avait une société marocaine aussi. « Bolloré est venu me voir pour l’aider à obtenir le port au franc symbolique. J’ai dit que ce n’est pas de mon ressort, mais celui du gouvernement. Démba revenait chaque fois, mais j’ai dit que je ne peux pas ».

Révélations

Le gouvernement avait besoin d’argent, et avec son ticket d’entrée de 15 millions d’euro, Geta international a payé la moitié, « j’ai la copie du chèque ». Entretemps Fory Coco est mort. « Les mêmes personnes qui suivaient le dossier sont partis voir Dadis pour faire annuler le marché avec Getama. Un jour j’étais convoqué au camps, Dadis a dit : je vais annuler tous les contrats miniers. M. Fadiga a dit : le port aussi. Dadis a dit : oui le port aussi ».

L’information est parvenue à Blaise, le Compadré de Sankara dont la femme a des actions à Getma, dit Sylla Patronat. « Quand Blaise a appris cela, il a envoyé son aide de camp Général Diendéré et un certain Moulaye pour dire à Dadis de ne pas toucher le port. Dadis avait besoin de reconnaissance, je crois que Blaise était prési de l’UA ou de la CEDEAO en ce moment. Dadis avait besoin du soutien de Blaise, donc, Dadis est revenu sur sa décision. Il a dit : Getma doit combien, ils ont répondu 7 millions et demi d’euro. Dadis dit : ok, envoyé l’argent et continuer à travailler. Votre contrat est valable ».

Au second tour de la présidentielle, Patronat dit avoir entendu parler de Bolloré encore. Et 3 mois seulement « a suffi au président pour annuler le contrat avec Getma et deux jours après, il attribue le marché à Bolloré ». Pour lui, la façon dont Alpha Grimpeur a donné le marché à Bolloré n’est pas la bonne, l’Assemblée nationale n’a pas examiné le dossier.

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Menace de déguerpissement à Dar-es-Salam : Les riverains protestent

Le vendredi 11 mai, les citoyens du quartier Dar-es-Salam menacés de déguerpissement ont investi le carrefour ‘‘Boston’’. L’idée est simple : délocaliser les foyers dans la rue, n’ayant pas « où aller ». Les nounous ont barricadé le passage, empêchant toute circulation sur les axes Hamdallaye-Gbessia. Puis l’axe Bambéto-Concasseur qui traverse le quartier. Le long de la route, une cuisine géante, des marmites bouillantes, des repas servis, des membres des familles entières à table. Des passants aussi ont bénéficié des largesses des ‘’rebelles’’.  C’est la nouvelle astuce de protestation de tous ceux qui sont menacés de déguerpissement par l’Etat.  

Environ 400 ménages sont concernés par ce déguerpissement annoncé par le gouvernement pour éviter d’autres éboulements. Les locataires, ont déserté. Les propriétaires des bâtiments, eux, sont condamnés à rester pour se défendre. M’Ma Sylla au carrefour ‘‘Boston’’, la place Tahrir des femmes depuis jeudi, attend d’être dédommagé pour quitter : «Je suis là pour défendre l’intérêt de tout le monde. On n’entend pas la réponse que nous voulons. On ne sait pas si le président est là ou pas. J’ai perdu ma mère il y a trois mois, mon père est un militaire à la retraite, malade. Si on lui dit de quitter sa maison toute suite, où il va aller ? ». Les autorités soutiennent avoir dédommagé les occupants depuis 1997. Faux, rétorque les occupants : « Parmi nous, aucune personne dédommagée. Ceux qui l’ont été, sont partis depuis longtemps. L’état ne peux pas nous donner de l’argent et on continue à occuper les lieux», dit M’Ma Sylla qui renvoie les gouvernants actuel à Sidya Touré, premier ministre d’alors pour confirmer.

Charles Damba, chef du quartier Das-es-Salam reçu dans l’émission Parlons-en de nos confrères Lynx fm, la semaine dernière a dit avoir été reçu le 23 avril dernier par les représentants des institutions républicaines. Il a expliqué au prési de l'Assemblée nationale, à la présidente du Conseil économique et social, au Médiateur de la République que « la centaine de familles dédommagées a quitté il y a 20 ans ». Même que ces prési des institutions se sont montrées sensibles et auraient recommandé au ministre Ibou Kourouma d'aller informer le prési Alpha Grimpeur.

Les démarches menèes auperès du gouverneur de Cona-cris, du Médiateur de la République sont restées vaines, déclare Aly Badara Camara. La recommandation ne semble pas avoir été transmise à qui de droit, d’où la colère des habitants, dit-il.

Pendant que certains sont dans la rue, d’autres sont toujours dans leurs maisons, alors que le délai pour quitter a expiré. Alpha Barry habite ce quartier depuis 20 ans : « Les autorités nous ont sommés de quitter les lieux sans condition. Aujourd’hui, nos familles sont dispersées, nos bagages dehors. On n’a pas où les mettre. On a des enfants qui étudient à l’école. A défaut d’avoir  un hébergement pour eux, ils risquent de perdre leurs études, le ramadan et la saison pluvieuse pointent à l’horizon. On est inquiet, parce qu’on ne peut pas résister au pouvoir. Je pensais que ce genre d’action ne se produira dans un Etat de droit. Hélas !».

Si le gouvernement n’a pas démoli les bâtiments ce vendredi, alors que l’ultimatum a expiré, peut-être qu’il est en train de revoir sa copie. On ne sait jamais. C’est un sursis pour les occupants.

LEBERE BALDE

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Aboubacar Soumah répond à Alpha Grimpeur : « C’est aux inspecteurs de déterminer qui peut enseigner ou non »!

Le prési Alpha Grimpeur garde toujours en travers de la gorge, la crève générale déclenchée par le ‘’rebelle’’. Depuis cette grève, le chef de l’Etat profite de chacune de ses sorties pour invectiver les bouffe-la-craie. A l’occasion de l’ouverture du Forum de l’étudiant guinéen, jeudi 10 mai, Alpha Grimpeur s’est payé les gens-saignants guinéens, au niveau ‘’médiocre’’. Le locataire de Sékhoutouréya menace même de sortir des rangs de ces gens-saignants tous ceux qui ne réussiraient pas au test qu’il promet d’organiser avant la prochaine rentrée scolaire : « Nous sommes en train de faire le recensement biométrique de tous les enseignants, ensuite on fera un test. L'année prochaine, aucun enseignant n'enseignera s'il ne réussit le test. S'ils veulent la bagarre, je suis prêt à la bagarre. Si on a fait l'ISSEG et les écoles des instituteurs, c'est pour former les enseignants. Mais on les laisse pour prendre des gens qui n'ont aucune formation ? Non ! Alors il faut que l'État prenne ses responsabilités et l’Etat ne craint plus d'affronter n'importe quelle couche sociale lorsqu'elle s'oppose à l'intérêt national et la grande majorité de la population ». 

Mais ces nouvelles diatribes à l’encontre des bouffes-la-craie ne troublent pas outre mesure le sommeil du secrétaire gênant du SLECG. Pour Aboubacar Soumah, l’évaluation de ses collègues ne doit être gérée que par les inspecteurs : « Ce n’est nullement une inquiétude pour nous. Les inspections se passent régulièrement au niveau de l’éducation. Tous les enseignants sont inspectés au fur et à mesure depuis leur engagement jusqu’à maintenant. Les inspections sont quotidiennes, donc c’est aux inspecteurs de déterminer ceux qui peuvent enseigner ou non. Les enseignants sont soumis au test tout le temps. Il n y a aucun problème. Mais on ne va pas soumettre les enseignants à un test théorique. C’est les inspecteurs qui doivent rendre compte de leur inspection. C’est les résultats là que nous allons considérer, pas un autre test ». Ces attaques du Grimpeur interviennent au moment où goubernement et syndicaleux tentent de négocier sur les 8 millions de francs glissants comme salaire de base, réclamés par le SLECG. Qu’on se le dise, ce n’est plus le parfait amour entre le Grimpeur et ses ‘’amis’’ gens-saignants.

Yacine Diallo  

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Hausse des prix à l’approche du ramadan : Le Shérif du GOHA exige une réduction !

 

En marge d’une conférence animée ce jeudi 10 mai, à la maison commune des journaleux, le Shérif du GOHA (groupe organisé des hommes d’affaires) a exhorté les opérateurs économiques et commerçants du pays à ne pas augmenter les prix des denrées de première nécessité en ce mois saint. Chérif Abdallah : « Faisons des efforts, s’il y a lieu même je vous demande de vendre au prix de revient. N’oublions pas que le mois de ramadan est un mois de pénitence, c’est un mois dans lequel nous devons chercher le pardon d’Allah, se repentir afin que Allah puisse pardonner nos péchés. C’est pendant ce mois qu’on doit multiplier nos sacrifices et faire de bonnes choses. Nous restons toute la journée en jeune, alors il faut accepter l’esprit de sacrifice. Malgré les difficultés, je pense que ce n’est pas en augmentant les prix pendant le seul mois que nos problèmes seront résolus. Au contraire ».

Pour le Sherif du GOHA, cet appel est loin d’être une exigence mais plutôt une doléance adressée aux opérateurs économiques. « Tout ce qui pourrait nuire à la crédibilité d’un commerçant, nous ne devons pas l’accepter. Donc cet appel je le demande à l’ensemble de tous les démembrements de notre l’organisation. De Conakry à l’intérieur du pays, faisons une sensibilisation afin que les opérateurs économiques soient en mesure de réduire les prix sur le marché, même si c’est seulement durant le mois de ramadan » conclut l’opérateur économique.

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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