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Assemblée nationale : La nouvelle loi CENILE divise déjà !

Plus d'une dizaine des jeunes acteurs de la société civile munis de pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "A bas la CENI politique", ont fait irruption dans l'hémicycle rectangulaire, en pleine plénière ce jeudi, 5 juillet. Ces jeunes scandaient des propos hostiles à l'endroit des députés qu'ils estiment avoir trahi le peuple en adoptant la loi sur la CENI. Gabriel Baba, porte-parole des manifestants : « Depuis les accords politiques du 12 octobre 2016, la société civile s'est battue corps et âme pour que l'une de nos institutions, à savoir la CENI, ne continue pas d’être politisée. C'est un combat mené par l'ensemble des acteurs de la société civile guinéenne, et défini très clairement dans le point trois de l'accord. On est très étonné et très inquiet que l'Assemblée nationale, le représentant du peuple et qui doit défendre les valeurs de la République, trahisse le peuple en acceptant de voter une CENI politique ».

Selon cet activiste, une CENI politique a toujours entretenu des crises en Guinée. Et ce vote vient ainsi prouver que les parlementaires ne se soucient pas du peuple, déclare-t-il. D'où leur présence pour rappeler les députés à l'ordre. Mais cette fois-ci, ils disent être déterminés à aller jusqu'au bout : "Nous sommes là pour dénoncer ce complot dont l'Assemblée fait montre. C'est une honte qu'on ne peut pas imaginer. Au moment où toutes les nations se battent pour valoriser les règles et principes démocratiques, les valeurs qui peuvent promouvoir la transparence des élections, nos députés, eux, sont en train de voter des lois pour torturer les citoyens guinéens, nourrir d'autres crises électorales. Nous n'allons pas accepter. Nous allons les mettre devant les faits accomplis en manifestant. On va attaquer la décision à la Cour constitutionnelle pour montrer à l'opinion nationale et internationale ce que l'Assemblée nationale est en train de faire à son peuple", prévient Gabriel Haba.

LEBERE BALDE

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Hausse du prix du carburant : Les forces sociales de Guinée organisent une marche

Après l’appel à la journée ville-morte mardi, les Forces sociales de Guinée qui réunit la société civile lancent un appel à poursuivre la ville morte jusqu’au rétablissement du prix à 8 000. Ce jeudi, les mêmes forces sociales ont accentué la pression, elles ont écrit une lettre d’information à l’intention du gouverneur de Cona-cris pour l’information de l’organisation d’une marche pacifique conjointe, dans les cinq communes le 10 juillet.

Les organisations de la société civile et citoyens engagés regroupés au sein des Forces sociales de Guinée ont l’honneur de vous informer qu’ils organisent une marche pacifique dans le but d’exprimer leur désaccord face à l’augmentation unilatérale du prix du carburant à la pompe.

Les marches débutent à 8h pour finir à 17h. A Matoto, départ rond-point Tannerie. A Ratoma, c’est Bambéto. A Dixinn c’est à l’héliport. A Matam, c’est au rond-point Constantin. A Kaloum c’est au port autonome. Tous les marcheurs ont un seul point de rendez-vous : le Palais du peuple.

Ces dites forces sociales annoncent attendre plus d’un million de personnes et appellent le gouverneur à prendre les dispositions sécuritaires pour encadrer la marche.

La lettre d’information est arrivée au bureau du gouvernorat. Les forces sociales ont expressément fait publier la décharge de cette lettre, par le gouvernorat. Là, il ne dira pas qu’il n’a pas reçu de notification. Peut-être !

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Assemblée nationale : Les dépités adoptent la nouvelle loi CENILE

Les dépités clôturent la session des lois, ce jeudi 5 juillet à l’hémicycle rectangulaire. Mais avant, les parle-menteurs ont été invités à se prononcer sur la nouvelle loi sur la CENILE, l'organe chargé du machin électoral dans le bled. Une proposition de loi programmée in-extremis par le bureau de l'Assemblée nationale. Son examen a d'ailleurs failli être reporté à une session extraordinaire au mois d'août prochain. Mais sous la pression des dépités de l'opposition respire-lacrymogène, les trois groupes parlementaires majoritaires à l'hémicycle (la majorité pestilentielle, les libéraux-démocrates et l'Alliance des républicains) ont fini par trouver une mouture qui amende la loi L016 portant sur la CENILE à soumettre à l'appréciation des "élus". Après un court débat, l'essentiel du travail étant fait en inter-commissions, dit-on, ces derniers ont adopté le texte à la majorité.

Dans le nouveau texte, le nombre de commissaires a été réduit de 25 à 17. Sept commissaires pour la mouvance, sept pour l'opposition, deux pour la société civile et un pour l'administration. Il est également mentionné que la mouvance et l'opposition doivent chacune être représenté par au moins 3 formations politiques. Et les partis politiques habilités à désigner des commissaires doivent avoir participé aux deux dernières élections nationales (législatives et présidentielle), et avoir aux moins deux députés. Certains dépités ont trouvé à redire. Alpha Ibrahima Sila Bah, dépité non inscrit, qui a voté contre la loi accuse la mouvance et l'opposition de copinage pour confisquer une institution constitutionnelle : « Cette loi est une loi scélérate. C'est un torchon qu'on nous a soumis ici. Il s'agit d'un arrangement entre copains pour prendre en otage une institution républicaine sur la base de deux élections nationales particulières avec comme conséquences la bipolarisation du pays, l'élimination des autres formations politiques et la régionalisation. Il y'a une violation du principe constitutionnel d'égalité entre les partis politiques. Vous faites honte à cette institution ». Nous ne sommes plus avec le parasitisme politique, réagit Oussou Gaoual Diallo. « On cesse d'être une vache laitière » explique de son côté Mariama Tata Bah des libéraux-démocrates. Malgré tout, la loi est passée comme lettre à la poste. Eh Oui !

Yacine Diallo

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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