Faux-dé Oussou sur le laïus du Kory de l’Assemblée : « Nous avons écouté ce discours avec beaucoup de peine. C’est pathétique ! »

A l’occasion de l’ouverture de la session ordinaire des lois ce 5 avril au palais du peuple, le prési de l’Assemblée nationale a provoqué (malgré lui) l’ire des dépités de l’opposition. Devant des membres du goubernement, notamment le PM Mamady You-you, des diplomates étrangers, du médiateur, Fof le Said, le Kory de l’Assemblée a cru bon de rétablir ‘’certaines vérités’’.

Il a déploré l’attitude de certains cadres de l’administration qu’il accuse de gaspillage, pointé du doigt la crève syndicale du SLECG dont les conséquences pourraient, selon lui, mettre la Guinée à terre dans un avenir proche. Mais le passage qui a irrité certains dépités, ceux de l’UFDG en particulier, c’est celui où le patron du parle-ment a remercié la communauté internationale de n’avoir pas cédé à la pression de certains hommes politiques qui n’ont pour objectif que d’empêcher le prési Alpha Grimpeur de développer le pays. Les huées ont fusé soudainement de partout. Les opposants, en tête Faux-dé Oussou Faux-fana et Oussou Gaoual ont conspué le Kory durant le reste de son laïus : « Nous avons écouté ce discours avec beaucoup de peine. C’est pathétique, cela ne fait pas honneur à notre institution. Il faut être communiste pour penser que certains Guinéens sont capables d’empêcher le développement du pays » s’exclame le prési du groupe parle-menteur libéral-démocrate. Selon lui, Claude le Kory a pris pour habitude de ramer à contre-courant du bon sens. Faux-dé Oussou va jusqu’à le comparer aux communistes : « Quand tout le monde va dans le sens de l’apaisement, quand tout le monde reconnait le bien-fondé des revendications des enseignants, de l’opposition, le président de l’Assemblée lui estime que des Guinéens sont capables d’aller demander à la communauté internationale de ne pas aider la Guinée. C’est triste. C’est comme si on était dans la révolution. J’ai l’impression qu’il est toujours communiste et pense que le monde n'a pas évolué ».

Le loyer cher s’invite à l’Assemblée

Avant ce triste spectacle, le mouvement "Initiative pour la lutte contre le loyer cher" a organisé un sit-in devant notre hémicycle rectangulaire. Objectif, dénoncer les difficultés auxquelles fait face le populo de Cona-cris dans la recherche d'un loyer décent et surtout l'indifférence de nos dépités vis-à-vis de cette situation. Des slogans du genre : "Un toit est un droit" ; "Elus du peuple, comprenez la souffrance des citoyens". « Nous sommes là pour alerter nos députés sur la souffrance du peuple. Nous avons l’impression que les députés passent plus leur temps à dormir ou à parler de la politique qu’à s’intéresser des préoccupations majeures des citoyens qui les ont confiés cette fonction. Aujourd’hui la cherté du loyer affecte sérieusement les conditions de vie des populations. En l’absence d’une loi qui réglemente ce secteur, les propriétaires de maison font ce que bon leur semble. Il faut que les députés puissent prendre la mesure de cette situation » explique Ibrahima Diallo, porte-parole de la plateforme. Bon nombre de dépités se sont affichés aux côtés des protestataires. Du Moutard Diallo des NFD qui accuse d’ailleurs ses collègues de mettre le pied sur la loi réglementant le secteur et de privilégier les questions politiques à Faux-dé Oussou, en passant par Alpha Bah Ficher, Ben Youssouf Keita et Habib Baldé, tous ont promis d’œuvrer pour la programmation de cette loi pendant cette session.
Oussou Gaoual lui n’est pas contre la revendication, mais apprécie moins la démarche : « Ils doivent faire du lobbying en démarchant les députés ou les groupes parlementaires pour être entendus. Les cris ne résoudront rien ». Au moins c’est clair.

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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