UFDG : Cellou Dalein menace de reprendre les manifestations

Alors que le dialogue semblait renoué à travers la reprise des travaux du comité de suivi des accords du 12 octobre 2016,  l’opposition républicaine menace de jeter l’éponge. Selon elle, l’évolution des travaux ne rassure pas. En tout cas, c’est ce qu’a laissé entendre Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG à l’occasion de l’assemblée générale de son parti, tenue ce samedi, 21 avril au siège à Commandanyah. Il accuse le camp adverse d’un manque de volonté politique. Or, son retour à la table dans ce comité était motivé par la recherche d'une solution aux revendications. Maintenant que les choses ne se déroulent plus comme l’opposition le souhaite, un retrait n’est pas à exclure : « Nous allons continuer à être dans le comité de suivi pour faire preuve de bonne foi, afin qu’une solution possible soit trouvée. Mais, si on veut ignorer nos revendications et essayer de nous tourner en rond pour gagner du temps sans trouver de solution, eh bien, nous exercerons comme d’habitude notre droit constitutionnel. Si d’ici la fin de la semaine prochaine il n'y a rien, préparez-vous à exercer votre droit constitutionnel, celui de manifester dans la rue».

Arrivée d'un journaliste politicien

Le con(.)frère Akoumba Diallo, spécialiste des questions minées, observait jusque-là l’UFDG et son président Cellou Dalein Diallo. Face aux militants et responsables du parti, ce samedi, il a officialisé son arrivée dans cette formation politique. A en croire le journaliste, ses raisons de rallier les rangs de l’UFDG sont multiples : « Au départ, j’étais convaincu que c’est Elhadj Cellou qui avait vendu la raffinerie de Friguia, et c’était ça la version publique. Après toute enquête, après avoir disposé de tous les dossiers de la vente, je n’ai vu ni sa signature, encore moins un mémo de recommandation. J’ai été convaincu que c’est quelqu’un qu’on accusait. Mais, il n’était pas [encore] temps de prendre la décision.

En avril 2005, le même Elhadj Cellou a décidé de faire adhérer la Guinée à l’ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives). Il a fait la déclaration en tant qu’autorité habilitée par le gouvernement et a signé notre adhésion. Mais, brutalement, en 2011, quelques années plus tard, on décide que son nom n’y soit pas. On suppose qu’il a fait simplement une déclaration. Il [a fallu] qu’on prenne un décret pour que son nom quitte définitivement l’initiative pour la transparence dans les industries extractives. Ce fut le deuxième point d’injustice qui m’a encore frappé. Mais, ce n’était pas encore le temps de prendre la décision de venir.

J’ai enquêté sur plusieurs dossiers dans lesquels on estimait qu’il était impliqué et parfois on me donnait des noms codés, estimant que si je voyais son nom directement, j’allais transformer le message. Mais, je vous avoue que le résultat a été tout autre.

Il y a eu des dossiers que je n’ai pas souffert de trouver les noms. C’est le dossier PALATINO, en moins d’une semaine d’enquête, je savais ce qui était le fond. Le dossier Rio Tinto. En moins d’une semaine d’enquête, j’avais le résultat. Le dossier Sable Mining, moins d’une semaine d’enquête, j'avais le résultat. Et c’est des résultats incontestables ». C’est pour toutes ces raisons dit-il qu’il a décidé de venir auprès de Cellou Dalein.

Après toutes ces enquêtes, le journaliste s’attendait à : «une poursuite judiciaire contre ce que je dénonce ou contre moi-même si c’était faux». Mais, il a vu son espoir se transformer en désespoir, martèle Akoumba Diallo.

Toujours est-il que le confrère reste convaincu d’avoir fait le bon choix. Déjà, il rêve voir « une Guinée dans laquelle, la justice ne sera pas un simple principe mais une exigence. Parce que le principe n’est qu’une déclaration de vœux. Une Guinée dans laquelle, toute enquête sur une présomption de corruption, ferai objet de saisine de justice. Pour qu’on clarifie les choses».

Le confère Akoumba Diallo n’est encore pas près à ôter son manteau de journaliste d’investigation. Cependant, il entend déposer sa lettre de démission à l’ITIE (initiative pour la transparence dans les industries extractives) dès lundi pour dit-il mieux se libérer et se mettre au service de l’UFDG.

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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