Vote du code électoral : conflit sur le mode du scrutin

Les 93 des 113 dépités présents vont voter ce 23 février trois  projets de loi : le Code électoral révisé, le Code des collectivités locales et la loi organique sur la Cour suprême. Mais l’hémicycle rectangulaire de l’Assemblée nationale a enregistré des débats houleux sur le mode de scrutin.

 Ibou Deen Touré, prési de l’Alliance républicaine, a soumis une motion de procédure pour que le vote soit en bulletin secret, conformément à l’article 83 du règlement intérieur de l’Assemblé : « En toute matière et sur demande de quinze députés, dont la présence est constatée par appel nominal, fi est procédé au scrutin public ou au scrutin secret ». Demande rejetée par plusieurs dépités de la mouvance présidentielle et de l’opposition.

Amadou Damarond Camara, prési du groupe parlementaire RPG Arc-en-ciel a demandé au Cauris de l’Assemblée nationale de soumettre la question à un vote de la plénière, pour couper court aux polémiques. D’ajouter : « c’est dommage d’entrer dans une polémique, il y a plus important. Les 15 députés le désirent, ils ne peuvent pas nous imposer leur volonté. Les Républicains ont raison, je suis d’accord avec eux à 99% pour certaines raisons, mais je demande qu’on vote comme d’habitude ». Il a comparé la motion à celle de la mise en accusation du chef de l’Etat où on demande juste que 10 députés signent, mais « ils ne peuvent pas l’imposer aux autres ».

Honorable Alpha Ibrahima Sila Bah, dépité non-inscrit, défend le vote à bulletin secret. Il demande qu’on respecte la loi, car, « il n’y a pas à l’interpréter autrement ». L’honorable Oussou Gaoual s’est évertué à lire l’article en question pour faire comprendre qu’elle n’exige pas le vote à bulletin secret, mais les deux : scrutin public ou scrutin secret, c’est selon la volonté des députés. Encore que si on doit voter par bulletin secret, cela nécessite des bulletins, des urnes, alors que l’Assemblée nationale n’est pas prête à faire cela, avant la clôture de la scission extraordinaire, prévue le 24 février. « Ce que les amis en face devraient prévoir avant de nous demander ce mode de scrutin », tranche-t-il.   

De l’électricité dans l’air, il n’en fallait pas plus pour irriter Baïdy Haricot et son collègue, Saikou Yaya Barry, tous de l’Alliance républicaine. Baïdy s’est dit choqué d‘entendre des propos de ceux qui donnent de leçons de démocratie (allusion aux dépités de l’Ufdg qui appellent au respect de la loi). Saikou Yaya regrette qu’on détourne le débat.

En dernier ressort, le Claude Kondiano, prési de l’Assemblée nationale, a jeté ses Cauris, pour trancher  en faveur du scrutin public ou vote direct, comme les dépités ont l’habitude de voter. « La loi ne dit pas forcément à bulletin secret, donc on vote au scrutin direct ». La voix du prési est irrévocable.

Les dépités de l’Alliance républicaine et les non-inscrits ont alors demandé une suspension de la plénière, pour concertation, demande acceptée dans un tintamarre par le Prési Cauris Kondiano.

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