Affaire 19 juillet 2011 : « Je n’ai jamais eu l’ambition de prendre le pouvoir » clame dame Fatou Badiar

Affaire 19 juillet 2011 : « Je n’ai jamais eu l’ambition de prendre le pouvoir » clame dame Fatou Badiar

Les accusés dans l’affaire dite du 19 juillet 2011 étaient de nouveau devant les juges au TPI de Dixinn, ce lundi 18 juin. Malgré le débrayage des greffiers, le tribunal s’est débrouillé pour faire évacuer les dossiers inscrits au rôle d’audience, en faisant appel au greffier en chef du TPI. Pour l’occasion, c’est dame Fatou Badiar Diallo et Jean Guilavogui qui ont interrogés. Tous les deux ont réfuté catégoriquement les accusations d’association de malfaiteurs, de destruction d’édifices privés, d’assassinat, d’attentats à la sureté de l’Etat et de détention et de consommation de chanvre indien.

Dame Fatou Badiar, affaiblie par une maladie, pouvant à peine se tenir débout, a indiqué quel’attaque du domicile du prési Alpha Grimpeur est montée de toutes pièces « Je ne connais rien de cette affaire. J’ai connu AOB à la présidence de la république au temps du général Lansana Conté. Mais depuis que mon mari a quitté la présidence en 2005, on ne s’est plus vu, on n’a jamais parlé. Je n’ai jamais rêvé de renverser ce régime, je ne suis ni politicienne, ni militaire. Je suis une simple commerçante. Je n’ai jamais eu l’ambition de prendre le pouvoir. On me parle de la location des pick-up, mais moi je n’ai su que ces véhicules appartenaient aux services des renseignements qu’au début du procès ».

De son côté, Jean Guilavogui qui a perdu sa main gauche dans cette affaire, comme le commandant AOB, révèle avoir été contraint d’accuser des hauts perchés de l’armée guinée-haine : « Emile Guilavogui qui est mon parent m’a demandé de l’accompagner pour décaisser de l’argent. Entre Cosa et Enco 5, nous nous sommes retrouvés sur un terrain non bâti. J’ai vu 4 à 5 pick-up, au bord desquels des militaires cagoulés, avec un certain lieutenant Bobo. Ce dernier a dit ‘’ celui qu’on attendait est venu, on bouge’’, alors qu’il ne me connaissait pas. J’ai demandé à Emile comment ce monsieur m’a connu, il n a rien dit. Nous nous sommes dirigés vers Bambéto, vers la RTG, Bobo a dégoupillé une grenade et m’a donné. Elle a explosé dans ma main, je me suis évanoui. Quand je me suis retrouvé au Camp Samory, on m’a demandé de dénoncer des gens même si je n’en fais pas partis. J’ai refusé, ils m’ont amputé la main. Un certain Keita a sorti une liste et m’a dit d’accuser les généraux Nouhou Thiam et Bassir. Il m’a même dit que c’est Dadis qui a donné de l’argent à Dalein pour faire un coup d’Etat ».

Jean Guilavogui, le commandant AOB et dame Fatou Badiar avaient déjà été reconnus coupables et condamnés à de lourdes peines par la cour d’assises. La prison à perpétuité pourles deux premiers et 15 ans de prison pour la dame. Mais la cour suprême a cassé l’arrêt et renvoyé les parties devant le TPI de Dixinn. Les audiences se poursuivront le 2 juillet prochain.

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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