Assemblée nationale : Les dépités adoptent la nouvelle loi CENILE

Les dépités clôturent la session des lois, ce jeudi 5 juillet à l’hémicycle rectangulaire. Mais avant, les parle-menteurs ont été invités à se prononcer sur la nouvelle loi sur la CENILE, l'organe chargé du machin électoral dans le bled. Une proposition de loi programmée in-extremis par le bureau de l'Assemblée nationale. Son examen a d'ailleurs failli être reporté à une session extraordinaire au mois d'août prochain. Mais sous la pression des dépités de l'opposition respire-lacrymogène, les trois groupes parlementaires majoritaires à l'hémicycle (la majorité pestilentielle, les libéraux-démocrates et l'Alliance des républicains) ont fini par trouver une mouture qui amende la loi L016 portant sur la CENILE à soumettre à l'appréciation des "élus". Après un court débat, l'essentiel du travail étant fait en inter-commissions, dit-on, ces derniers ont adopté le texte à la majorité.

Dans le nouveau texte, le nombre de commissaires a été réduit de 25 à 17. Sept commissaires pour la mouvance, sept pour l'opposition, deux pour la société civile et un pour l'administration. Il est également mentionné que la mouvance et l'opposition doivent chacune être représenté par au moins 3 formations politiques. Et les partis politiques habilités à désigner des commissaires doivent avoir participé aux deux dernières élections nationales (législatives et présidentielle), et avoir aux moins deux députés. Certains dépités ont trouvé à redire. Alpha Ibrahima Sila Bah, dépité non inscrit, qui a voté contre la loi accuse la mouvance et l'opposition de copinage pour confisquer une institution constitutionnelle : « Cette loi est une loi scélérate. C'est un torchon qu'on nous a soumis ici. Il s'agit d'un arrangement entre copains pour prendre en otage une institution républicaine sur la base de deux élections nationales particulières avec comme conséquences la bipolarisation du pays, l'élimination des autres formations politiques et la régionalisation. Il y'a une violation du principe constitutionnel d'égalité entre les partis politiques. Vous faites honte à cette institution ». Nous ne sommes plus avec le parasitisme politique, réagit Oussou Gaoual Diallo. « On cesse d'être une vache laitière » explique de son côté Mariama Tata Bah des libéraux-démocrates. Malgré tout, la loi est passée comme lettre à la poste. Eh Oui !

Yacine Diallo

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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