Elections communales : Ambiance morose, vote en plein air

Le dimanche 4 février, les Guinéens étaient appelés aux urnes pour élire les maires des communes de la capitale et ceux de l’intérieur du pays. C’est aux environs de 6h que les premiers électeurs ont commencé à rallier les différents bureaux de vote dans le calme et la discipline. Seulement voilà, cette fois-ci, le manque d’affluence et d’engouement a caractérisé le scrutin. La candidate de l’UPR, madame Diallo, Issa Bobo Diallo s’est acquittée de son devoir civique au bureau de vote n°1 du centre Amadou Sylla de Kobaya, qui en compte 6. « Je viens de voter dans le calme et la discipline. Je suis confiante et pense que les électeurs vont voter pour moi. Je leur demande d’essayer encore avec les femmes pour qu’ensemble nous relevions les défis de la commune de Ratoma. Je souhaite vivement que tout le processus du scrutin se déroule dans de bonnes conditions, dans un climat de paix et d’entente ». Condé Mamady est un agent de l’USSEL : « Nous sommes là depuis 5h du matin pour préparer le terrain, avant l’arrivée des membres de la CENI. Après l’installation du bureau, le vote a commencé vers 7h du matin. Il faut sécuriser et montrer surtout à certaines personnes comment voter ». Pourvu que la sécurisation n’est pas allée au-delà ! Si le vote s’est bien déroulé dans l’ensemble, le président du bureau I a cependant déploré le manque, entre autres : d’affluence et d’engouement, d’encre indélébile, de fiches de dérogation et le fait que des électeurs aient plusieurs cartes d’électeurs « pour probablement frauder ».

Le candidat de l’UFC Thierno Madjou Diallo, joint au téléphone, a quant à lui glissé son bulletin dans l’urne d’un bureau de vote de Kaporo-rails, commune de Ratoma. « Le vote s’est déroulé dans de bonnes conditions seulement avec un faible taux de participation ».

Bambéto

Curieusement, à Bambéto, ce sont des bureaux de vote en plein air. Place publique P1, c’est le nom de celui installé au rez-de-chaussée d’un immeuble du célèbre rond-point. Le nombre d’inscrits est de 550 et à midi, 300 avaient déjà voté. Selon le président du bureau, le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions. Même s’il n’y avait pas cette grande affluence, les électeurs ont tout de même répondu. « Ce matin, nous avons reçu une vieille femme à la santé fragile qui était assistée par deux personnes qui l’ont aidé à voter. » Une ombre à ce tableau : la sécurité. « Comme vous le constatez, contrairement aux autres bureaux, nous n’avons aucun agent pour assurer la sécurité. Nous nous contentons des agents de police qui stationnent régulièrement au rond-point de Bambéto ». A quelque pas de là, c’est un autre bureau en plein air lui aussi appelé Place publique Bambéto P2. Il est installé au bas d’un immeuble avec deux isoloirs de fortune. A midi, sur 550 électeurs inscrits, ce sont 210 qui avaient voté. Pour le président du bureau, c’est bien le fait de n’avoir pas trouvé une école pour s’y installer qui explique leur présence en plein air. « Il n’y a pas d’incidents majeurs sauf qu’il n’y a ni affluence, ni engouement chez les électeurs », a-t-il ajouté.

Bah Mamadou

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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