Journée ville morte à Cona-cris : Début morose sur Leprince

L’appel à la journée ville de l’opposition respire lacrymogène ce 27 mars semble de ne pas être suivie sur la route Leprince. Entre 6h 40 et 7h 30 au moment où nous passions par-là, les embouteillages avaient commencé au niveau des ronds-points Cosa, Bambeto et Hamdallaye. Quelques boutiques et magasins étaient ouverts par endroit. Des gens se précipitaient sur la voie, à la recherche d’un taxi pour rallier les lieux de travail.

Les agents des forces de désordre étaient absents sur le trajet. Dame Mafoudia Sylla, rencontrée au rond-point de Cosa à la recherche d’un taxi pour Kaloum, a confié qu’elle est fatiguée de ces appels de ville morte ou marches. « Ce pouvoir et cette opposition jouent au chat et à la souris, ils ne s’entendent pas et ils ne se séparent pas non plus. Donc, ils n’ont qu’à nous laisser vaquer à nos occupations. Nous, on a des familles pauvres à nourrir et nos maris ne travaillent plus. En tant que mère de famille, nous les femmes, il faut qu’on subvienne aux besoins de nos familles. Et ce n’est pas en s’asseyant à la maison qu’on pourra joindre les deux bouts. S’il y a la pagaille, comment allons-nous sortir ? », se lamente la vieille dame.

Au rond-point de Bambeto, une seule boutique était ouverte. Le proprio assis à la porte qui a requis l’anonymat, affirme que c’est parce qu’il a vu une circulation dense qu’il a pris le risque d’ouvrir sa boutique. « Dès 6h 20mn, les gens circulaient normalement. J’ai trouvé que l’atmosphère n’est pas tendue, c’est pourquoi j’ai pris le courage d’ouvrir ma boutique, malgré le fait que mes voisins n’ont pas ouvert les leurs. Avec ces mouvements, j’en ai marre. Les deux partis doivent s’entendre afin de laisser la population vaquer à leurs occupations. Plus d’un mois, les activités sont au ralenti dans le pays ». Il lance un appel à la jeunesse de ne pas accepter de se faire manipuler par les politiciens. Selon lui, les jeunes qui se livrent au vandalisme des biens d’autrui, jouent le jeu des politiciens. « J’en appelle à la conscientisation des jeunes. Certains profitent de ces situations pour se livrer à la violence. Jeunes de mon pays, restons nous-mêmes, car nous sommes l’avenir de la Guinée », s’est-il exprimé.

Au moment au nous mettions cette dépêche en ligne, aucun cas de violence n’a été signalé sur l’axe, mais les barricades ont commencé à Hamdallaye, nous apprend-on. 

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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