Politique

Crise politique : L’opposition se retire du comité de suivi et annonce des manifs

Le dialogue des sourds vient de prendre faim. L’opposition respire-lacrymogène a annoncé ce jeudi, à la maison de presse, son retrait pure et simple du comité de suivi du dialogue. Les zopposants sont frustrés de n’avoir pas été satisfaits et du discours « discourtois » des négociateurs de la mouvance et du ministre Bouréma Condé, l’arbitre.

A la première séance du comité de suivi, il avait de l’espoir, dit Makaréna. « Maintenant les positions se sont radicalisés. Nous avons exigé la publication des vrais résultats, en vertu de l’article 84 et suivant. Le législateur a donné des possibilités pour éviter les problèmes. Un seul procès-verbal doit avoir des copies : une pour la CAVC, une pour le prési de la CENI (qui vérifie la conformité des résultats publiés et son PV), une pour ministre de l’Administration, une aux démembrements, une aux candidats, une affiché au bureau ». En plus, il y a les bulletins dans l’urne et scellé. On ne devrait pas avoir des problèmes à retracer cela, dit-il.

Les partenaires techniques et financiers de la Guinée ont proposé la publication des résultats où l’opposition détient des PV signés par tout le monde, sinon de laisser l’opposition gérer les communes dans lesquelles elle a gagné. « La mouvance refuse et propose de reprendre les élections dans les 12 communes où il y a contestation, alors que on a été incapable d’organiser les élections ».

Selon l’opposition respire-lacrymogène, c’est une solution bancale. Du coup, elle suspend sa participation au comité de suivi et annonce la reprise des manifestations. Lundi déjà, l’opposition appelle à une ville-morte. Pour ceux qui se demandent si l’opposition va manifester pendant le ramadhan, Makaréna répond que les plus grandes batailles menées par Mohamed, messager de l’islam l’ont été pendant le ramadhan, notamment la prise de la Kaaba.

Crise politique : L'opposition revoit sa copie !

Les acteurs politiques, notamment la mouvance pestilentielle et l’opposition respire-lacrymogène sont d’accord qu’ils ne seront jamais d’accord. Pendant que le comité de suivi peine à donner des solutions équitables, les pros oppositions continuent de broyer du noir dans les geôles à travers le pays. L’opposition maintient alors sa ville-morte, mais elle est prévue le 14 au lieu du 9 mai. Les membres de l’opposition dite républicaine se sont réunis en plénière ce mardi pour taper du poing sur la table. D’abord, Macarnéa Caquet dénonce un acharnement contre les militants et responsables de l’opposition. « Nous avons 107 militants et responsables de l’opposition en prison. Ils sont 62 à Faranah venant de Kalinko, dont 10 mineurs, 12 de Maréla emprisonnés à Farana, 25 à Linsan emprisonnées à Kindia, et 7 à Dubréka dont 3 mineurs ».

A cela s’ajoutent des harcèlements des activistes de la société civile, et du syndicat. Sidiki Mara arrêté à 3h du matin à Boké, transféré à Conakry, Abdourahmane Sanoh serait dans le collimateur de la justice, parce qu’il dénonce « la mauvaise gouvernance et son opposition au 3è mandant. Nous sommes informés de l’arrivée d’une lettre au bureau de l’assemblée nationale pour lever l’immunité parlementaire de Ousmane Gaoual Diallo, suite à une plainte de deux ministres ».

Le comité de suivi des accords, l’opposition dit observer un manque de volonté « réelle de la mouvance et du président du comité afin de trouver une solution équitable ». Seul les partenaires auraient la volonté de faire bouger les choses selon Macaréna Caquet.

L’opposition décide de repousser sa ville-morte jusqu’au 14 mai au lieu du 9. Mais déjà, le jeudi 9 mai, elle organise une conférence à la Maison de la presse pour protester contre l’injustice et dénoncer la vie chère. Makaréna demande pas au peuple de ne pas aider l’opposition, mais d’aider la vérité, la liberté.

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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