Industries extractives : Le mal-aimé des journalistes

Industries extractives : Le mal-aimé des journalistes

Du 17 au 20 avril, à l’Institut polytechnique Félix Houphouet Boigny de Yamoussokro, Yakro pour les intimes, 10 journalistes dont 5 Guinéens et 5 ivoiriens venus de la télé, des sites internet, des radios et de la presse écrite ont suivi une formation sur les industries extractives, en Guinée et en Côte d’Ivoire. Au total, 12 journalistes étaient retenus, deux ont manqué à l’appel : un guinéen (qui a raté le vol) et un ivoirien (que sa rédaction n’a pas libéré). Cet atelier est la suite d’un programme financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ), exécuté par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH connu sous le Projet Gouvernance régionale du secteur extractif en Afrique de l´Ouest. Trois objectifs étaient visés : Boucler les enquêtes en cours, élaborer un guide et la coopération transfrontalière entre les deux pays.

Sur les 12 journalistes présents, chacun a fait le point sur son enquête, suite aux premiers ateliers, organisés dans les deux pays. Le formateur Nicholas Phythian et son assistant, Nicholas Kotch ont aidé à améliorer le contenu.

Le second point, élaborer un guide à l’intention des miniers, des rédactions, des sociétés civiles, et gouvernements des deux pays. L’idée est de faciliter le travail des journalistes. Ceux-ci ont expliqué qu’ils ont des contraintes. Les gouvernements pensent que les journalistes cherchent des problèmes où il n’y en a pas, et font fuir les investisseurs, alors que les pays en ont besoin. Les sociétés minières se méfient des journalistes pour leur non-maitrise du domaine, et de leurs intérêts seulement quand il y a des problèmes pour les salir. Les sociétés civiles ne s’assument pas. Quant aux rédactions, elles sont peu coopératives, acceptent difficilement que les journalistes se spécialisent et si elles acceptent ne financement pas les reportages sur le domaine minier « peu intéressant » pour ses auditeurs et lecteurs. Sinon, les reportages sont assimilés à des publireportages. Ces contraintes font que les journalistes écrivent peu sur les industries extractives. L’idée est d’appeler tout le monde à coopérer et faciliter aux journalistes la couverture du secteur.

La coopération transfrontalière est le troisième sujet abordé. Le formateur, Nicholas Phytian a invité les participants à travailler ensemble sur les sujets d’intérêt commun : encadrement de l’orpaillage, les révoltes populaires, la protection de l’environnement et les fonds miniers. Sur ces sujets d’intérêt commun, les participants ont eu une discussion avec la société civile ivoirienne pour faciliter les échanges entre les deux pays.

Le programme vise globalement à spécialiser le maximum de journalistes d’Afrique de l’Ouest dans le domaine des industries extractives, secteur devenu la principale source de revenu de certains pays, dont la Guinée.

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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