Affaire 19 juillet/ AOB au juge : « On m’a demandé de citer Tibou, Kassory, Sidya… »

Le procès du commandant Alpha Oumar Boffa Diallo ‘’AOB’’, Dame Fatou Badiar Diallo et Jean Guilavogui s’est poursuivi ce 14 mai au TPI de Dixinn. Ces trois personnes sont accusées d’association de malfaiteurs, de destruction de biens privées, d’atteinte à la sureté de l’Etat, de détention illégale d’armes de guerre, entre autres, dans l’affaire de l’attaque du domicile du chef de l’Etat, Alpha Grimpeur, le 19 juillet 2011. L’audience a eu du mal à démarrer. Ni les avocats de la défense ni ceux de la partie civile nétaient présents à l’ouverture de laudience. Mangadouba Sow a été obligé de la suspendre, le temps que ces derniers ne se pointent au tribunal. Les débats ont finalement commencé à midi. A la barre, le commandant ‘’AOB’’ a fait de nouvelles révélations : « Avant même le 19 juillet, plusieurs personnes étaient arrêtées et torturées pour qu’elles accusent AOB. Quand le commandant Koulibaly s’est jeté par la fenêtre, le chef d’état major des armées a ordonné à ce qu’on transfère le dossier à la gendarmerie, mais elle ne voulait pas s’en mêler. Dans cette affaire je devais être un témoin et non un accusé parce que j’ai alerté la garde présidentielle ce jour. Quelqu’un qui est venu attaquer n’alerte pas. Si je savais qu’on m’appelait pour cette histoire de tentative de coup d’Etat, ce jour-là, c’est une autre chose qui allait se passer ».

AOB a également accusé l’ex procureur, Willy Fernandez d’avoir tenté de le corrompre : « Quand j’étais dans mon lit de malade, plusieurs propositions m’ont été faites. On m’a demandé de citer plusieurs noms : Tibou Camara, Diallo Sadakadji, Kassory, Sidya…et dautres qui étaient sur une liste. En contrepartie on m’a proposé 2 millions de dollars et une évacuation au Maroc pour continuer mes soins. J’ai refusé, l’ancien procureur a dit que tant que je ne coopère pas, je ne sortirai pas de cette affaire ».

Fatou Badiar et Cie retournent en prison 

A l’issue des débats, les avocats de la défense ont formulé une nouvelle demande de liberté provisoire pour leurs clients. Demande rejetée par le juge Mangadouba Sow. Purement et simplement, malgré la maladie de Dame Fatou Badiar. Joachin Bilimou, avocat de la partie civile estime d’ailleurs que cet argument ne tient pas : « Nous n’avons vu aucun rapport qui met en évidence que madame Fatou Badiar est malade. Si les faits dépassent les compétences de l‘infirmerie de la maison centrale, on doit en référé aux CHU. Quand un détenu est malade ce n’est pas la mise en liberté qu’on demande, mais un placement hospitalier ». Salif Béavogui, un des avocats de la défense, regrette la décision du juge malgré toutes les garanties que « nos clients n’iront nulle part, mais nous sommes confiants ».

Commandant AOB et compagnie continueront leur séjour au luxueux hôtel 5 étoiles de Coronthie, du moins jusqu’au 25 juin prochain, date de la prochaine audience.

Yacine Diallo

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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