Axe Hamdalaye-Kagbelen : Otis Keïra visite les PA, les citoyens dénoncent

Le ministre de (l'in)sécurité a fait un tour sur la route Leprince ce jeudi 28 novembre. Otis Keïra était allé faire le point sur les travaux des Postes avancés (PA), installés le long de la zone depuis le 19 novembre. De Hamdallaye à Sonfonia, en passant par Bambéto, Cosa ou encore Wanidara, le ministre a livré le même message. Celui de la fermeté face à ceux qu'il considère comme des bandits ou des criminels. Otis Keïra est allé jusqu'à promettre des récompenses à tout flic ou bidasse qui s’illustrerait dans son travail. «Nous savons que votre travail est difficile mais vous allez l’accomplir sans état d’âme pour assurer la quiétude et la sécurité des personnes et de leurs biens. La hiérarchie mettra tout en œuvre pour améliorer vos conditions de travail. C’est pour cette raison que nous sommes venus à mi-parcours nous rendre compte des difficultés avec lesquelles vous travaillez. Soyez rassurés de notre soutien, sachez que nous suivons le travail de chacun de vous. Nous lançons une sorte d’émulation entre vous. Après cette opération, les meilleurs seront récompensés, soyez sûrs ! » De quelle manière ?

Cette sortie du ministre a du mal à passer chez les riverains. Bien de citoyens estiment qu'il a donné carte blanche à des flics qui excellaient déjà dans les exactions : « Ce ministre ne peut faire que cela. Je crois qu'il est dans sa logique, à son arrivée au département de la Sécurité, il avait dit que la récréation était terminée. Il ne cache pas sa haine vis-à-vis de l'axe Hamdallaye-Bambéto-Kagbelen. Mais il se trompe de cible parce que ces méthodes ne nous décourageront pas. Nous luttons pour nos droits et le combat va continuer. Keïra ne peut pas nous intimider » peste Mamoudou Barry.

Alhassane Boiro est également surpris par ces déclarations. Il estime qu’Otis Keira devait demander des comptes à ses agents avant de les féliciter : « Monsieur Keïra et les promoteurs de cette mesure devraient plutôt s'interroger sur la façon dont ces gens-là interviennent. Ils arrêtent de pauvres innocents, retirent des motos, quelques fois s'invitent même dans la régulation de la circulation. Ils se rendent coupables de plusieurs bavures. C'est après tout cela qu'un ministre aussi important que celui de la sécurité vient les féliciter et leur promettre monts et merveilles ».

De son côté, Souleymane Sow demande aux jeunes de l'Axe Hamdallaye-Bambéto-Kagbelen de faire profil bas pour préserver leurs vies : « En voyant la hargne avec laquelle ces agents opèrent et l'armada du ministre hier, on sent qu'ils sont prêts à tout. Cette affaire va au delà du maintien d'ordre ou du grand banditisme. Je suis sûr qu'ils cachent d'autres projets. Les jeunes de l'Axe auront beaucoup à gagner en évitant les confrontations ».

Yacine Diallo

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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