Affaire Cheick Affan : Le tribunal proroge le délibéré

Cheick Mohamed Fofana alias Affan devait être fixé sur son sort, ce lundi 7 janvier au tribunal de première instance de Mafanco. Le juge Amadou Tidiane Baldé était censé se prononcer sur la qualité de l’ONG Balai Citoyen à poursuivre ou non le "prédicateur". Mais rien n’en a été. Il a décidé de proroger le délibéré jusqu’au 21 janvier prochain. Amadou Tidiane Baldé explique que son tribunal n’a pas fini de statuer sur l’affaire.
Pourtant, Cheick Affan et ses ‘’disciples’’ ont investi la salle d’audience tôt le matin. Des membres de la cellule Balai Citoyen étaient également présents en grand nombre. Ni les avocats du prédicateur ni ceux de la partie civile n’ont effectué le déplacement. Avec ce nouveau report, certains du Balai commencent à douter de la volonté de la justice d’aller jusqu’au bout de cette affaire. Mais Mamadou Bobo Bah, coordinateur national des antennes de l’ONG temporise : « On était là pour le délibéré, mais à la surprise générale, le président nous dit qu’ils n’ont pas encore statué sur la question. Nous sommes sereins, nous attendons la suite et nous savons que tôt ou tard le droit sera dit. Pour le moment nous ne doutons pas de la justice, mais les prochaines audiences nous édifieront sur la volonté des uns et des autres ».
Cheick Affan, souriant, bonnet sur la tête, chapelet à la main a quitté les lieux sans piper mot. Ce prédicateur et ‘’imam’’ dans plusieurs mosquées de la commune de Matoto a été trimballé en justice pour incitation à la violence ethnique et régionaliste et injures publiques par le Balai Citoyen. Mais dès le début de la procédure, ses avocats ont soulevé des exceptions, arguant que le Balai Citoyen n’avait pas qualité à ester en justice pour ce genre de dossiers. Des exceptions partagées à un moment par le ministère public. Mais à la dernière audience, la procureure Joséphine Loly Tinkiano a fait volte face, admettant que la loi sur la cybercriminalité n’interdisait pas à l’ONG de trimballer devant les juges des personnes coupables de telles pratiques.

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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