Manifestation des femmes à Fria : Un journaliste blessé par des gendarmes

Notre con(.)frère Mamadou Gueye, correspondant du site internet Guineenews.org à Fria, a été pris à partie par des gendarmes dans la soirée du mardi 14 mai, alors qu’il était allé couvrir une altercation entre des jeunes manifestants et des gendarmes à l’hôpital de Fria. Dans sa quête d’information, il explique avoir été blessé à l’avant-bras par des bidasses surexcités. « C’est aux environs de 19h, lorsque je faisais la rupture, j’ai entendu des détonations au centre ville. Je me suis automatiquement dirigé de ce côté. D’abord, j’ai été à la préfecture où j’ai vu un dispositif sécuritaire. Après, je suis allé vers les immeubles, j’ai vu l’attroupement des femmes. J’aurai appris qu’il y avait une femme qui était dans un état non reluisant. C’est-à-dire, elle avait eu un malaise certainement. Donc, je me suis dirigé vers l’hôpital. Là, il y avait un groupe des jeunes que les gendarmes étaient en train de pourchasser. Ils ont fui pour rentrer dans le marché. En ma présence, des gendarmes étaient en train de lancer des pierres à l’hôpital. Je leur ai dit "C’est un hôpital ! c’est un hôpital !". Ils m’ont répondu qu’ils n’en ont rien à foutre. Ils sont venus pour une mission, celle de rentrer dans le paquet de tout un chacun. Je me suis présenté en tant que journaliste, ils m’ont dit que ce n’est pas leur problème. C’est en ce moment qu’ils ont commencé à me rouer des  coups».

En position de faiblesse, le journaleux a tenté de joindre Colonel Mamadou Aliou Sow, le commandant de la gendarmerie départementale de Fria pour son intervention. Heureusement, celui-ci est venu en aide. « Je lui ai montré la blessure, il m’a accompagné vers ces gendarmes pour leur dire : quand la presse vient vers vous, laissez-la faire son travail ». Sur place, aucune sanction n’a été énoncée à l’encontre des gendarmes qui l’ont blessé. Selon le colonel, il s'agirait d'agents qui sont venus de Boké et de Conakry, par conséquent qui ne relèvent pas de son autorité. Toutefois, « le commandant a présenté des excuses » a reconnu le journaliste.

Il faut noter que des journalistes font souvent l’objet de violences au cours des manifestations. Ce 06 mai, deux autres ont subi le même sort à Kankan. Un fait qui n’a pas laissé indifférent les associations de presse et le syndicat de la presse privée de Guinée. Mais, aucune sanction n’a été prise à l’encontre des agents responsables de ces faits.

Par ailleurs, Gueye nous apprend que dans la matinée de ce mercredi, les tensions étaient vives dans la préfecture de Fria entre des jeunes qui tenaient de soutenir leurs mamans et les agents de force de maintien d’ordre prêts à réprimer.

Lébéré Baldé

Dernière modification lemercredi, 15 mai 2019 16:05
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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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