Ecrasement des passeports : Friction entre la DCEPAF et le DG de la police

Il ne fait pas beau actuellement au mystère de (l’in)sécurité et de la protection civile. Depuis quelques jours, une affaire de suppression de passeports empoisonne les relations entre le directeur central de la Police de l’air et des frontières DCEPAF, La-mine Keita et le Bafoué de la flicaille, Ansoumane Camara. L’origine de la polémique, l’écrasement du passeport d’une citoyenne, après que le ministre Otis Keira a interdit toute suppression de ce document de voyage. Lamine Keita, directeur de la DCEPAF et son service sont incriminés dans cette affaire. Ce 16 décembre, Lamine Keita avait prévu de réagir avant de se rétracter : « Revenez à une autre occasion, là, je vais à une réunion » dit-il. Mais dans l’émission les GG de la radio Espace fm, il a crié à l’acharnement : « C’est la délation et la hargne des ennemis. Dans cette affaire, il s’agit de personnes différentes. J’ai le dossier devant moi, des personnes ont fait leur enrôlement, obtenu leurs documents. Si les gens estiment qu’il y a eu du faux dans cette affaire, l’enquête a été portée à l’inspection générale du travail. Ils n’ont même pas commencé l’enquête, ils s’acharnent contre moi. C’est une instrumentalisation. Je demande que le dossier soit transmis à la justice ou à la Gendarmerie. Ils vont mener les enquêtes. Je ne fais pas du tout confiance à l’inspection ». Il pointe du doigt sa hiérarchie, notamment le Bafoué de la Police qu’il aurait dénoncé chez Alpha Grimpeur : « Là où j’ai été convoqué avec le directeur général et le ministre on m’a donné raison. Les gens peuvent se retourner contre moi. C’est pourquoi je demande qu’on transmette le dossier au tribunal. Il y a des possibilités d’éclaircir cette affaire : les photos, les documents, les comparateurs d’empreintes… ». Le patron de la DCEPAF met au défi ses détracteurs de prouver leurs allégations : « Ce sont eux qui ont porté plainte. Ils n’ont qu’à envoyer les personnes et leurs documents. L’accusateur doit donner les preuves de son accusation ».

De son côté, le général Bafoué demande à Lamine Keita de laisser l’inspection faire son travail : « L’acte a été pris le 14 avril, il y a eu des écrasements le 19 et suivant. L’inspection s’est saisie de l’affaire, ils sont en train de mener les enquêtes. L’inspection générale est au-dessus de nous tous. S’il y a un dossier qui me concerne je ne dois pas demander qu’on m’amène à la justice. Que le directeur central mette la balle à terre, tout le monde doit répondre à l’inspection. L’inspecteur m’a dit que Lamine a refusé de collaborer. Normalement c’est à moi qu’elle devait s’adresser, l’inspecteur a reconnu l’erreur. J’ai dit à Lamine de fournir les documents et je crois que ça été fait ».

Et d’ajouter : « Qu’il sache qu’il n’y a aucune main noire derrière. Personnellement il porté plainte contre moi. Ce n’est même pas lui qui est visé. Je suis sûr qu’il est propre, mais il y a des techniciens qui tournent autour de lui ». Le feuilleton ne fait que commencer.

Yacine Diallo    

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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