Banques guinéennes : Les travailleurs exigent un traitement salarial décent
Les banques privées sont restées fermées, ce jeudi 13 avril pour ouvrir à 14 heures. En cause, les travailleurs étaient dans la rue pour réclamer des meilleures conditions de travail, à hauteur de la corvée. Ce mouvement est l’initiative de la FESABAG, Fédération syndicale des banques, assurances et micro-finance de Guinée dont le secrétaire gênant, Abdoulaye Show, résume les préoccupations en trois maux : « salaire, santé, retraite ». Le mouvement est un message adressé à l’Association des Professionnels de Banques auprès de laquelle la Fesabag a dit déposer une plateforme revendicative. Mais les patrons ne veulent pas négocier, d’où la mobilisation. « Ils ne respectent pas les accords signés et méprisent leurs travailleurs. Nous aussi avons besoins d’une vie descente comme nos collègues de la sous-région. Mêmes grades, on n’a pas 50 % de leur salaire. Alors que nous avons les mêmes contraintes de travail. C’est inacceptable ».
Depuis 1990, dit-il, pour bénéficier d’une amélioration des conditions de vie, les travailleurs ont toujours manifesté. Cette année, la Fesabag a proposé la méthode pacifique, mais les patrons refusent. Le Gouv de la Banque centrale, Louceny Nabé a proposé ses bons offices aux belligérants. Mais si nous n’obtenons pas gain de cause, « nous allons déposer un préavis de grève. Seulement c’est mieux le dialogue. Quel que soit le problème, c’est autour de la table qu’il finira », souligne Abdoulaye Show.
En attendant de trouver un terrain d’entente, la Fesabag condamne la sous-traitance pratiquée dans certaines banques : « Notre convention collective dit que le stage dure un an. Au-delà, vous signez un CDD. Mais les patrons maintiennent les gens dans la précarité en les prenant comme sous-traitants. C’est de l’exploitation ».
Dans certaines agences, les travailleurs étaient au boulot, « ce sont des traitres. Des cadres véreux qui bénéficient des retombés de notre combat sans y participer » fustige Abdoulaye Show. Et de conclure que malgré tout, banques, assurance et micro-finances ont suivi le mot d’ordre, en majorité.
