Desserte en eau et électricité : Bambéto-Cosa s’est transporté à Bo()kè

Desserte en eau et électricité : Bambéto-Cosa s’est transporté à Bo()kè

Depuis le lundi 24 avril, les habitants de Bo()kè sont dans la rue pour crier ras-le-bol. Quatorze sociétés minières y sont implantées, pas de courant et d’eau. C’est la goute qui a fait déborder le vase. Après une accalmie mardi pendant la journée, les manifestations ont repris ce mercredi matin.

 Les quartiers Tamakénè, Yomboya, Lambanyi se sont rebellés. S’engage alors une intifada. Jet de pierre contre gaz lacrymogène et balle réelles. Plusieurs blessés de part et d’autre. Des arrestations. Parti à Boké pour une acticité de son ONG, Amadou Bah et ses amis se sont retrouvés dans la ligne de mire des manifestants. Arrivés à la préfecture, son équipe et les cadres qui y travaillent ont dû subir six heures de siège. Retranchés, ils ont été attaqués finalement par les manifestants, les forces de sécurités étant débordés. A 14 heures, Amadou Bah a confié que le bâtiment a été mis à sac. Les archives pillées. Seize véhicules qui se trouvaient dans la cour, vandalisés, les motos tricycles destinées à l’assainissement calcinés.

Abdoulaye Sylla, député uninominal de Boké, dit avoir prévenu cette situation il y a longtemps. A défaut d’avoir une oreille attentive. Ce qui devait arriver est arrivé. L’eau et l’électricité ne sont que les parties visibles de l’iceberg. « C’est une accumulation de frustration, tout le monde est concerné : jeunes, femmes, enfants ». Ce qui exaspère le plus c’est le manque d’emplois, dit-il et surtout le comportement de la société SMB dont les camions roulent comme si ce n’est pas dans un centre urbain. Des accidents récurrents, « personne ne s’en occupe ». Pour Abdoulaye Sylla, les problèmes à Boké sont réels, elles ne sont pas politiques. Si c’est encore des promesses, on ne pourra pas résoudre le problème, avertis l’élu de Boké.

Mardi déjà, Mathurin Bangoura, gouv de la ville de Conakry a été envoyé pour atténuer la colère des manifestants. Il a programmé un meeting à 17 qui a mal tourné : véhicules de commandement vandalisés, lui-même lapidé. « Mathurin, tu nous as menti », criaient les jeunes. Pour avoir fait quatre ans au Liberia pendant la guerre et trois en Sierra Leone, le général gouverneur dit que ce qu’il a vu « c’est comme une rébellion ».

Aux dernières nouvelles (14h 30), les personnes arrêtées ont été libérées, le courant rétabli. La tension a baissé, malgré quelques poches de résistance. Pour l'eau, voir la SEG. Boké retient son souffle.

Dernière modification lemercredi, 26 avril 2017 15:25

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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