Journée mondiale de la presse : les journaleux entre fête et défaite !

Journée mondiale de la presse : les journaleux entre fête et défaite !

Instituée par l’ONU, 1993 la Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée chaque 3 mai. L’AMDH, Alliance des médias pour les droits humains et les hommes de médias en a profité pour papoter sur la situation des journaleux dans le bled. Chaikou Baldé, le prési de l’AMDH a rappelé que le combat a commencé en 1991 à Windhoek, (Namibie) les journaleux africains se sont retrouvé pour pleurer leur sort, appelant à une presse libre, indépendante et pluraliste en Afrique et dans le monde. En Guinée, si aucun journaliste n’est en prison, le Cheik de l’AMDH déplore cependant « la rétention de l’information publique, les violences physiques, la confiscation et la destruction de matériels de travail, les intimidations des journalistes dans l’exercice de leur métier ».

Diallo Souleymane, dirlo du Groupe Lynx, a profité du débat pour remercier ceux qui ont contribué à la liberté de la presse, en Guinée. Puis de rappeler le parcours de cette presse martyrisée : lors des dix ans de la déclaration de Windhoek, Diallo Souleymane a représenté la Guinée. Mais à l’époque, la loi sur la liberté de la presse du 23 décembre 1991 était très sévère, dit-il. « Elle excluait la radio, la presse en ligne n’était pas connue, elle ne concernait que la presse écrite privée, celle de l’Etat échappait entièrement ». A Windhoek, il a profité pour attirer l’attention sur cette restriction, « en Guinée on n’arrive pas à libérer les ondes ». Avec Diana Senghor, Fatou Diagne et Kouamé Karikari, qu’il remercie au passage, il a fait un lobbying qui a réussi. « On a sensibilisé les gens sur la non-libéralisation des ondes en Guinée. A Bruxelles on en a pris conscience, l‘aide à la Guinée était conditionnée à la libéralisation des ondes. L’UNESCO nous a aidé, finalement les ondes ont été libéralisées en 2006 ».

Cette journée est célébrée plus d’un an après la mort de Mohamed Koula Diallo, tué le 5 février 2016 aux abords du siège de l’UFDG et la disparition en juillet 2015 de Chérif Diallo, reporter à Espace TV. Deux affaires toujours non-élucidées. Selon Reporter Sans Frontières, la liberté de la presse n’a jamais été aussi menacée dans le monde qu’en 2017. Du coup, la Guinée s’est retrouvée à la 101è place sur 180 pays, en matière de respect de la liberté de la presse.


Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Retour en haut

A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

Sections

Archives

« Avril 2018 »
Lun Mar Mer Jeu Mer Sam Dim
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30