La Guinée sous l’emprise du trafic d’êtres humains : Faut-il s’en inquiéter ?

Lors de la conférence de presse animée par le Parquet général de Conakry, Aly Touré, procrieur près le tribunal de première instance de Mafanco a fait part de la traite des êtres humains qui se pratique désormais en Guinée.

C’est un phénomène nouveau, arrivé chez nous « à cause de la cupidité des gens. C’est une entreprise très macabre ». On a en Guinée des réseaux spécialistes en recrutement, embarquement et de transport des êtres humains, généralement des jeunes filles de la Guinée vers les pays arabes. Ces trafiquants vendent des illusions aux filles, leur faisant croire qu’une fois là-bas, « elles trouveront du travail bien rémunéré et à gogo ». Les illusions sont telles que les parents des victimes payent eux-mêmes les frais de voyage de leurs filles. « Le pire est qu’une fois arrivées à destination, les filles sont dépossédées de tous leurs documents de voyage. Elles sont employées dans les ménages, restaurants, hôtels. Elles travaillent de 6 heures à 20 heures. Pas de repos, pas de nourriture, pas de soins. Si tu tombes malade, tu te feras chasser ». Pour Aly Touré, ce n’est rien d’autre que du trafic de migrants. 

Un jour, un monsieur est allé se plaindre chez lui des conditions de vie de sa femme au Koweït. C’est lui-même qui payé ses frais de voyage. Il est resté six mois sans nouvelles de sa femme. Pour ce faire, « il a fallu l’accord de celui qui l’a embarqué à Conakry ». Sa femme est tombée malade, son tuteur a refusé de la soigner et de la laisser rentrer en Guinée si son mari ne paye pas 1 500 dollars. « Notre ambassade en Iran qui couvre le Koweït a démarché pour que la femme revienne. Elle est actuellement hospitalisée ». La bonne nouvelle est que les coupables sont arrêtés et seront jugés dans les prochains jours.

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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