Grève : L’UGTG donne un ultimatum à Damantang-tang

L’Union Générale des Travailleurs de Guinée, UGTG, menace d’entrer en crève à partir du 19 février si rien n’est fait jusque-là. Ses griefs ? La mauvaise gestion des cotisations de ses membres à la Caisse de Résonnance Sociale pilotée par Malick Sankhonnerie, la mauvaise réglementation de la sous-traitance, le licenciement arbitraire, la situation des travailleurs des Moulins d’Afrique, la politisation de l’administration, l’entrave à la liberté syndicale, excusez du peu. Selon Aboubacar Sidiki Marrant, secrétaire gênant adjoint de la Centrale syndicale, depuis 2015 ses collègues et lui sont en train de se débattre pour une causerie avec le mystère en charge du Travail géré par Albert Damantang-tang, autour de leurs points de revendication. Leur dernière missive remonte au 27 janvier 2017. Jusqu’à présent, silence radio. Pendant ce temps, les travailleurs végètent, ce qui n’est plus admissible aux yeux du Marrant : « Entre 2015 et 2016, nous, membres de l’UGTG, avons enregistré plus de 11 morts dans les chantiers. Quand les gens meurent, l’Etat est toujours absent. Tout le monde était informé du dernier cas à Kagbèlen où 4 travailleurs sont décédés. Jusque-là, l’Etat n’a encore rien engagé pour voir dans quelles conditions ces guinéens-là sont morts et qu’est-ce qu’il faut prendre comme disposition pour éviter que de telles choses arrive. Face à tout cela, nous devons réagir. Parce que si on ne le fait pas, ce sont les Guinéens qui vont continuer à être torpillés dans les entreprises ».

Sur les 70 000 travailleurs officiellement reconnus dans le secteur privé et mixte, seulement 22 000 ont bénéficié d’une déclaration à la Caisse nationale de sécurité sociale, CNSS, mais qui ne bénéficient pas de la prestation de la boîte, dénonce le syndicaliste ivre de colère : « Quand un travailleur arrive à la Caisse, on lui dit carrément : non, tu cotises pour ta pension. Or, c’est 6,5% des cotisations qui sont retenues pour la pension. Les autres 23% doivent revenir au travailleur pour les risques professionnels, l’allocation familiale et la maladie ». Aboubacar Sidiki Mara s’interroge sur les raisons de la violation de la législation guinéenne en matière de protection sociale qui « donne obligation à tous les employeurs de déclarer leurs employés à la CNSS ».

Au contraire, estime-t-il, cela devient un aveu d’impuissance de la part de cette caisse d’une part, et de la démission de Albert Damantang-tang Camara, ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle, de l’Emploi et du Travail accuse A. S. Mara.

Lequel précise que la menace de  grève de l’UGTG n’est nullement liée à celle d’Aboubacar Soumah du SLECG (Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée), même si son groupe soutient ce dernier. Le syndicaliste et ses camarades comptent aller jusqu’à la satisfaction de leur revendication.

Dernière modification lejeudi, 15 février 2018 08:28
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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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