Dixinn : Des élèves dans les rues pour réclamer leur retour à l’école

Au lendemain de la journée ville morte, organisée par l’opposition respire-lacrymogène le 12 mars, aux environs de 8 heures, des nounous et des jeunes élèves ont pris d’assaut la corniche du quartier Landréa, situé dans la commune de Dixinn, pour exiger le retour des enfants à l’école. Ils scandaient des slogans hostiles à l’endroit du grimpeur «  Alpha zéro » « Alpha ghoungni nan na problème ra » (NDLR: en français « Alpha le problème c’est ta tête »), « Alpha Condé est un Burkinabé ».

« L’objectif de notre manifestation ce matin c’est le fait que nos enfants ne vont toujours pas à l’école, nos enfants. Cette grève des enseignants date de plus d’un mois, jusqu’à présent le président Alpha Condé refuse de faire quelque chose. On a payé la scolarité de nos enfants pour toute l’année et chaque parent d’élève paye au moins trois millions par an, dans ça il n’y a pas de transport ni nourriture. Donc on exige au président de faire tout son possible pour s'entendre avec les syndicats afin que nos enfants reprennent le chemin de l’école » lance dame Mayéni Soumah, très remontée.

Des agents de farces de désordre étaient visibles sur les lieux pour éviter tout débordement, mais dame Mayéni Soumah précise: « Nous ne sommes pas là pour faire de la pagaille mais plutôt on assiste les professeurs et les enfants pour qu’on puisse se donner la main afin de sortir notre pays de cette crise qui secoue le système éducatif Guinéen ». Car selon elle, « ce sont ces enfants qui sont l’avenir de demain. Même moi, je suis étudiante mais à cause de cette grève je ne vais pas à l’école. Il faut qu’Alpha sache que ce n’est pas seulement les professeurs qui sont concernés dans cette affaire mais plutôt c’est toute la Guinée qui se soulève contre lui. D’ailleurs nous voulons son départ, Alpha ne peut rien faire pour ce pays » renchérit-elle.

Même cri de cœur avec Bountouraby Sacko, qui selon elle, n’a pas eu ma chance d’aller à l’école mais qu’elle est prête à tout pour que ses enfants deviennent quelque chose demain. « C’est pourquoi nous sommes dans les rues pour réclamer leur retour à l’école. Cela fait un mois un jour, jour pour jour, que nos enfants sont à la maison. Dites à Alpha Condé qu’on s’en fout de sa présidence car il n’existe qu’un seul chef qui est Dieu le tout puissant. Ce que nous voulons c’est que nos enfants reprennent les cours ».

Une autre nounou avec un bâton à la main enseignait l’alphabet français à un professeur Grimpeur fictif et les enfants répétaient après elle, "A, B, C, D," etc…. « Nous comptons aller jusqu’au bout, tant que nos enfants ne reprennent pas les cours nous seront dans les rues incha Allah ».

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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