Affaire Nouhou Thiam et Resco : L’audience renvoyée au 23 avril prochain

Le procès qui oppose le citoyen Mamadou Saidou Baldé, l'OGDH, l’Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme au Commandant Sékou Resco Cas-marrant, général Nounou Thiam et feu le Commandant Aboubacar Sidiki Cas-marrant devait se poursuivre ce lundi 26 mars au TPI de Dixinn. Mais aussitôt ouverte, l’audience a été une nouvelle fois renvoyée au 23 avril prochain. La cause, la grogne des gardes pénitentiaires qui dénoncent leurs conditions de travail dans les différentes geôles du bled.

Pourtant, le Cheick de (l’in)justice avait dit à qui veut l’entendre que cette crève n’allait pas avoir lieu. Mais c’est tout le contraire. Aucun agent n’a pointé son nez. Le juge Manga Douba Sow s’est donc vu dans l’obligation de surseoir à toutes les audiences de ce lundi : « Les femmes et les hommes qui sont chargés de sécuriser le palais de justice sont en grève. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’ouvrir une audience criminelle sans aucune garantie de sécurité ». Pourtant, l’ex Gouv de Cona…cris et son avocat se sont présentés, même chose pour les avocats des plaignants. Seul l’ancien chef d’état major des armées pendant la transition version ‘’El Tigre Konaté’’ a brillé par son absence : « Nous regrettons beaucoup cette décision parce que notre confrère (Martin Pradel, représentant de l’OGDH) quitte Paris à chaque fois qu’il y a audience. Nous souhaitons que le Tribunal, voire même le ministère de la Justice prenne les dispositions pour qu’on commence les débats » a déclaré Maître Hamidou Barry, un des avocats de la partie civile. Mais Martin Pradel lui n’est pas pour autant ébranlé par le renvoi, au contraire : « Notre détermination est toujours intacte. Nous sommes aux côtés des victimes qui ont souffert dans leur âme à cause de la violence des personnes qui avaient pour devoir de les protéger ». Après le renvoi, le commandant Sékou Resco Cas-marrant n’a pipé mot. Mais son avocat n’a pas caché son amertume : « Nous ne sommes pas responsables de ce renvoi. Nous aurions voulu que les débats puissent enfin commencer parce que cette situation angoisse mon client. Mais force reste à la loi. Nous sommes tranquilles et au moment venu nous apporterons notre part de vérité » indique Maître Sidiki Bérété.

Ces ex « poids lourds » de la transition sont accusés de racisme, d’ethnocentrisme, de régionalisme et de crime et délit dans l’exercice de leur fonction. Ces accusations font suite à l’arrestation et à la torture de plusieurs jeunes opposants en octobre 2010 dans un escadron de la capitale après que le cortège du chef de la transition ait essuyé des jets de pierres à la minière.

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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