Trois corps refoulés à Cona-cris : Où se situe le couac ?

Trois corps refoulés à Cona-cris : Où se situe le couac ?

Un coucou de la compagnie Air-Sénégal transportant trois corps en provenance de la France via Dakar, a été refoulé à l’aéro-hangar de Cona-cris Gbessia, le 16 mai dernier. Selon les autorités aéroportuaires guinée-haines, le vol n’a pas rempli toutes les formalités y afférentes. Finalement, le cargo a fait demi-tour, avec trois dépouilles de compatriotes à bord, rapatriées de la France en vue d’être inhumées en Guinée.
Les familles qui convoyaient les corps ont été surprises de leur refoulement à l’aéro-hangar de Cona-crime, ainsi que des parents qui devaient les accueillir. «Nous avons eu tous les documents nous permettant de rapatrier les dépouilles à l’aéroport de Conakry. Nous avions tout ce qu’il faut, mais à notre fort étonnement, dès que les corps sont arrivés à Conakry, on nous a dit qu’ils ne vont pas y être débarqués, parce qu’ils n’étaient pas informés de l’arrivée de l’avion. Certains disaient qu’on n’avait pas les documents nécessaires pour savoir si les corps n’étaient pas contaminés. On ne savait pas ce qui se passait exactement en Guinée. On était bouche-bée, ne sachant quoi faire. On a tout fait, mais ce qui est arrivé est arrivé : les corps sont retournés à Dakar », regrette Soufiane Touré, le fils d’un défunt, dans l’émission « Les Grandes Gueules » d’Espace FM, ce 18 mai. Selon lui, les autorités aéroportuaires leur ont signifié qu’ils n’avaient pas toute la documentation nécessaire pour que les corps débarquent en Guinée, alors que depuis la France les familles se sont donné une autorisation de transport de corps qui leur a été délivrée par l’ambassade de la Guinée en France.
«Le Sénégal nous a dit que c’est un vol d’essai. Ils ne nous ont pas dit qu’il transportait des corps. Est-ce que si c’est la Guinée qui a fait cela le Sénégal allait accepter ? Non ! Ils ont parlé d’un vol d’essai alors qu’ils transportaient des corps. C’est inacceptable», a indiqué une source approchée par des confrères. «Nous n’avons pas été informés par la voix officielle pour faire venir les corps de ce pays. En cette période, il faut l’autorisation des autorités. Ils ont menti à la Guinée en disant qu’ils viennent pour faire un vol d’essai, alors qu’ils sont venus avec trois corps. En cette période de crise sanitaire, même un décès en Guinée est soumis au contrôle de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, ANSS. C’est pourquoi, nous leur avons demandé de retourner les corps, remplir les formalités et nous dire de quoi ils sont morts. Ensuite, obtenir l’autorisation de notre hiérarchie», a souligné le dirlo général adjoint de la Société de gestion et d’exploitation de l’Aéroport de Conakry, SOGEAC.
Selon ses explications, Air Sénégal n’avait aucune déclaration d’autorisation pour débarquer les dépouilles à Cona-cris. Et si rien n’est fait, les défunts risquent de ne pas être inhumés en Guinée. Iskine !

Air Sénégal dément la SOGEAC

Dans un communiqué diffusé par des confrères sénégalaids, la compagnie Air Sénégal a démenti les bobos du dirlo général adjoint de la SOGEAC. Elle affirme avoir respecté toutes les procédures et informé qui de droit avant d’acheminer les corps. « L’affirmation selon laquelle ce vol aurait été opéré sans en déclarer l’objet est non seulement fausse mais également contraire aux règles élémentaires de sécurité du transport aérien », a démenti Air Sénégal. Même que « le survol, l’atterrissage ainsi que l’objet du vol cargo ont reçu les autorisations formelles et écrites des autorités d’aviation civiles des trois pays concernés : la France, le Sénégal et la Guinée ; celle de l’Autorité Guinéenne de l’Aviation Civile vol cargo Dakar-Conakry portant le numéro 0304/05/2020/AGAC».
La compagnie ajoute que c’est l’ambassade de Guinée en France qui aurait délivré les laissez-passer mortuaires ayant permis le transport des corps jusqu’à Cona-cris. « Conformément aux règles de sécurité aériennes, le détail précis du chargement de l’avion a été transmis au préalable, à la société d’assistance en escale de l’aéroport de Conakry, qui, à l’arrivée sur place a refusé la prise en charge », regrette Air Sénégal. Laquelle a, toutefois, exprimé « sa disponibilité à travailler avec les autorités guinéennes et surtout à transmettre tous les documents pour que toutes les mesures permettant d’éviter de tels incidents à l’avenir soient prises », rapporte le site snap221.info.

Yaya Doumbouya

Dernière modification lemardi, 19 mai 2020 11:28
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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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