Rentrée à Matoto : Faute de kits, les élèves rentrent chez eux

Rentrée à Matoto : Faute de kits, les élèves rentrent chez eux

Le 29 juin à Matoto, la reprise des cours dans plusieurs écoles publiques et privées n'a pas été effective. Au Lycée Léopold Sédar Senghor de Matoto, les élèves se sont massivement rendus, mais aucun cours n'a été dispensé. Le proviseur, El Hadj Amara Balato Keita, a indiqué que son lycée n'a reçu que quatorze thermoflashs, la veille. Dans la cour, quatre kits de lavage de main sont installés et la prise de température est de rigueur, néanmoins le port du masque est délaissé par plusieurs lycéens et professeurs. «Nous avons pris toutes les dispositions idoines pour que l'école ouvre à date, nous nous sommes battus pour trouver des kits à nos frais. Je pense que ces kits peuvent nous permettre de recevoir apprenants et professeurs. Avant que les enfants ne commencent les cours, il leur faut au moins quinze minutes de communication sur le Covid-19, car cela nous évitera la maladie», prévient le proviseur. Le renvoi de la reprise des cours à quelques jours est dû au manque de kits, car explique-t-il, l’on ne doit prendre aucun risque face à la gravité de la pandémie Covid-19. Le proviseur a estimé que d'ici le jeudi, les kits seront arrivés et que les élèves reprendront aussitôt les chemins de l'école. «Je demande aux parents d'élèves de laisser leurs enfants venir à l'école, car maintenant professeurs et élèves ont soif de se retrouver», ajoute-t-il. Aboubacar Sylla, élève en terminale Sciences sociales qui fait le trajet Enco5-Yimbaya, a demandé à l'Etat de revoir le transport, parce que «tous les élèves n'ont pas les moyens de transport, qui ont doublé.»

De l'autre côté, le collège public Yaguine et Fodé. Là également, aucun cours n'a été donné. Les élèves sont rentrés aussitôt arrivés. «Nous sommes venus, mais on nous a dit que les kits ne sont pas au complet. Je suis navrée de cette nouvelle, car j'étais tellement contente d'entendre que nous allons reprendre les cours aujourd’hui. Il nous reste qu'un mois avant les examens, on n'aurait pas dû reporter cette reprise des cours. Nous étions motivés, venus en uniforme et masqués. Personne ne blaguait, on était ravi de vouloir reprendre les cours. Mais on nous demande de rentrer. Ce n'est vraiment pas juste. Mais on va réviser nos leçons et reprendre tout ce que l'on a vu à la maison en attendant la reprise, la semaine prochaine, car l'on ne peut pas avancer sans les professeurs», a souligné Houleymatou Diallo, candidate au BEPC.

«J’avais hâte de venir à l'université, mais… »

A l’université Roi Mohammed VI de Yimbaya, les cours ont repris avec un taux moyen de présence. Le recteur, Dr Mamadi Touré, a déclaré que la reprise se passe normalement, parce qu’«on a examiné tous les aspects avant la rentrée. Tout le temps que l'on a passé dans la rue, si on nous donne l'opportunité de reprendre les cours afin de pouvoir faire des examens nationaux, je crois qu'il ne faut pas perdre l’occasion.» La direction de l'université a accordé une avance sur salaire afin que les professeurs puissent couvrir leur transport. «J’avais hâte de venir à l'université, comme beaucoup d'étudiants, mais les moyens ne permettent pas à tout le monde de venir sur le campus. Nous demandons à l'Etat de nous faciliter les moyens de transport. Il y a des amis qui quittent Sonfonia pour l’université. On espère bien que le gouvernement prendra des dispositions dans ce sens. Nous voulons réellement que cela change», a plaidé Fadima Condé, licence 3, Sciences comptables.

Yaya Doumbouya

Dernière modification lelundi, 29 juin 2020 17:13
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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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