Fête de Tabaski : Quid des gestes barrières ?

Fête de Tabaski : Quid des gestes barrières ?

Le populo a célébré, vendredi 31 juillet, la fête de Tabaski à Cona-cris et dans les buissons de la Guinée profonde. Du fait de la pandémie du Covid-19, cette fête se tient dans un contexte particulier. Le bled est sous état d’urgence sanitaire depuis des mois. Mais Alpha Grimpeur, « le plus grand religieux », à en juger par les déclarations du secrétariat gênant des Affres religieuses, a intimé les Guinéens de prier spécialement dans les mosquées (fermées depuis plus de quatre mois) et autres places aménagées pour la circonstance. Le secrétariat gênant des affres religieux avait exigé des responsables des différentes mosquées d’assurer le respect strict des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale dans les lieux de prière. Mais  dans la plupart des mosquées, notamment à la mosquée turque de Bambéto et à celle de Kobayah-Kignifi, secteur 7, ces mesures ont été foulées aux pieds. Aucun kit de lavage de mains visible. Pire, ils ont trouvé que le respect de la distanciation sociale empêcherait tous ceux qui viennent prier de se faire de la place. Les masques, eux, attendront le 30 février pour réapparaitre. C’est comme si le Coronavirus avait quitté le pays depuis des lustres. A voir comment les choses se sont déroulées, l’on est tenté de croire que le Prési Alpha Grimpeur a ouvert les mosquées pour livrer les fidèles à eux-mêmes. Aucune présence des forces de sécu-raté pour faire respecter les mesures anti Covid-19. Dans le sermon (généralement pistonné par la ligue islamique), l’imam a parlé pratiquement d’autres choses que de la maladie. Dr Mamadou Sita Barry s’est juste contenté de dire que : « Cette fête nous a trouvés  dans une situation difficile et particulière, c’est cette maladie qui s’est rependue un peu partout à travers le monde. Dieu merci, la situation en Guinée n’est pas aussi dramatique que dans certains pays. C’est Dieu qui est en train de nous sauver. Acceptons la situation, respectons ce que ceux qui gèrent cette crise nous disent de respecter. Lavons nous les mains, portons les masques, respectons la distanciation sociale. Ils sont les spécialistes dans ce domaine, alors écoutons ce que les médecins nous disent ».  On va faire tout ça, s’il plait à Dieu. Même s’il n’y a pas d’eau.
 Aucun mot cependant, en ce qui concerne la fermeture des mosquées depuis mars dernier.

Yacine Diallo

Dernière modification levendredi, 31 juillet 2020 23:23
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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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