Développement rural : Les journalistes à l’école

Développement rural : Les journalistes à l’école

Du 18 au 21 juin à Dakar, la Fondation Thomson Reuters et le FIDA (Fonds international pour le développement agricole) ont organisé une formation à l’intention de 14 journalistes d’Afrique centrale et de l’Ouest sur le développement rural. L’atelier met l’accent sur les besoins des petits exploitants agricoles et des familles paysannes et cherche des solutions innovatrices pour améliorer leur vie. L’atelier a coïncidé avec la publication d’un nouveau rapport du FIDA intitulé « Créer des opportunités pour la jeunesse rurale ». Rapport décortiqué par Dame Khadidjah Néné Doucouré, coordinatrice régionale chargé du genre et de l’inclusion sociale au FIDA : « L’objectif est de créer des opportunités agricoles pour les jeunes en milieu rural. Ils ont actuellement un problème de vision, ils cultivent pour se nourrir comme leurs anciens. Nous voulons que les jeunes produisent mieux. Le FIDA ne voit pas les jeunes comme une bombe, mais comme une opportunité de modernisation de l’agriculture, par les TIC. Nous investissons en eux dans le monde rural ». Alors que femmes et jeunes filles ne peuvent pas accéder à certaines opportunités en zones rurales, Dame Doucouré estime que c’est plus rentable si tout le monde travaille. « Le FIDA en fait une exigence, il faut que les femmes bénéficient des projets. Accéder à l’éducation, au foncier, au financement, au marché, à la technologie et au leadership pour défendre les femmes ».

Obstacles

Selon le rapport, des obstacles entravant le développement rural par le manque de formation, d’accès à la terre et au financement pour les jeunes set les femmes. « Les jeunes des zones rurales n’ont pas accès à la terre. En raison de la croissance démographique rapide, une grande partie de la population rurale vit désormais dans des zones plus densément peuplées. Les terres sont de moins en moins disponibles. Ensuite, les parents vivent plus longtemps et continuent de cultiver leur terre plus longtemps, et ils sont donc moins susceptibles de transférer des terres à leurs enfants. Enfin, l’essor rapide des exploitations agricoles commerciales de taille moyenne, stimulé par l’expansion des marchés rendue possible par les processus de transformation structurelle et rurale, accroît la concurrence pour les terres. On estime que ces exploitations contrôlent entre 30 et 50% des terres agricoles au Ghana, au Kenya, au Malawi et en Zambie ». Les changements climatiques devraient aggraver les contraintes foncières, note le rapport, même si la révolution numérique peut offrir des débouchés qui facilitent l’accès aux registres fonciers et aux marchés.

De l’accès au financement

La rentabilité de l’agriculture dépend de plus en plus de l’utilisation d’intrants achetés, en particulier lorsqu’il s’agit de produire pour des marchés dynamiques, comme les produits frais pour les villes en croissance, précise le rapport. « Les jeunes ont moins de contacts et d’atouts, donc plus de difficultés à accéder aux services financiers classiques. Ils constituent également une part disproportionnée de la population mondiale non bancarisée ».

Exemple réussi

En soutenant les jeunes et les femmes, le FIDA vise l’inclusion la profitabilité et la durabilité. À Keur Socé, un village de Kaolack, le FIDA et d’autres organisations ont soutenu le PAFA, Projet d’appui aux filières agricoles, un projet du gouvernement sénégalais. En 2010, avant le projet, la centrale d’achat agricole (une coopérative) comptait 19 organisations pour 55 membres. Les agriculteurs avaient des problèmes de semences de qualité et des engrais de qualité, de stockage et de commercialisation. Avec le projet PAFA, (2011-2016) selon son directeur Ibrahima Pouye, tous ces problèmes ont trouvé solution. Trois ans après la fin du projet, les agriculteurs maintiennent la cadence et les productions ont presque triplé. Lamine Sokhna producteur : « PAFA a amélioré nos conditions de vie. Au lieu de 800 kgs de mil à l’hectare, j’ai 2,4 tonnes. Le battage crée des emplois pour nos jeunes. La sécurité alimentaire est totale, nous parvenons à couvrir largement les périodes de soudures ». La Caisse nationale de crédit agricole facilite l’accès aux crédits pour l’achat des semences et des engrais. Des industriels comme Nestlé achètent les productions bien avant la récolte avec une marge de 25 F CFA par rapport au marché local. Cela renforce le pouvoir d’achat des paysans. Selon Mariam Faye Diagne, la présidente des femmes de la centrale d’achat agricole, l’an passé, il y a eu un bénéfice net de 8,4 millions de F CFA. Mais il y a tout de même des problèmes. « Nous manquons d’équipements. L’Etat a fait beaucoup de progrès, mais nous ne parvenons pas à satisfaire tous les agriculteurs. Et si les tracteurs tombent en panne, nous n’avons pas de mécaniciens pour les réparer ». À cela s’ajoute le changement climatique qui occasionne des hivernages moins longs, ce qui obligent les producteurs à utiliser des semences à courte durée. La présidente reçoit les prévisions météos sur son téléphone et prévient les agriculteurs. C’est le côté innovation technologique du projet.

Oumar Tély Diallo

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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