Nécrologie : Beaucoup d’émotions après la mort d’Oustaz Chérif ‘‘Erdogan’’

Nécrologie : Beaucoup d’émotions après la mort d’Oustaz Chérif ‘‘Erdogan’’

Annoncée hier mardi 7 juillet en début de soirée, la mort d’Oustaz Chérif Diallo ‘‘Erdogan’’a été largement relayée sur les réseaux sociaux. Mamadou Chérif Diallo dit Erdogan était imam à la mosquée de Soloprimo, secteur III, et principal soutien financier de la mosquée également. Il était aussi maitre coranique et prédicateur. Sa famille et ses connaissances pleurent une personne « humble, pieux, sociable ».

Imam El-Hadj Mamadou Lamine Barry souligne que le défunt était le plus jeune imam certes, mais faisait un travail formidable. « C’est une personne sage, qui aime l’islam, qui aime travailler pour l’islam. Depuis que nous sommes ensemble, nous ne connaissons pas une personne à qui il a fait du mal. Il respecte tout le monde : vieux, jeunes, femmes, enfants. Tout le monde était fier de lui, il prêchait en français, en arabe, en pular et les autres langues, les gens l’appréciaient beaucoup. Nous sommes diminués d’un grand pilier à la mosquée et dans le quartier. Son dévouement pour la cause de l’islam était exemplaire. On dirait qu’il savait que son heure est arrivée, qu’il n’aurait pas eu longue vie ». Comme signe prémonitoire, dans un de ses prêches l’année dernière, il expliquait que chacun devait se préparer à la mort.

Mouhamadou Chérif Diallo, homonyme et cousin du défunt : « Chacun de nous a pris le nom de son grand-père maternel qui se trouve être notre grand-père commun. Il a passé toute sa vie à travailler pour l’islam, depuis son enfance. Il a fait des études franco-arabes, il a enseigné l’arabe, il a animé des conférences islamiques. Sur sa page Facebook, pour ceux qui le suivent, savent qu’il y fait régulièrement des prêches. C’est une grande perte pour nous ».

Mamadou Tahirou, oncle du défunt, parle d’un jeune frère en âge, un grand frère en grandeur. Mais la fierté de son oncle est de savoir que Chérif Erdogan était avec tout le monde : « Si vous avez suivi les réseaux sociaux, vous comprendrez que ce n’est pas seulement sa famille biologique qui l’a perdu, c’est tout le monde. On a compris qu’il ne nous appartenait pas seuls ».

Mamadou Saliou Diallo, ami du défunt dit l’avoir connu en 2001, à l’occasion d’une conférence islamique à Labé, organisée par l’AEEMG, Association des élèves et étudiants musulmans de Guinée. « C’est un homme actif dans la vie sociale et religieuse : il enseigne, éduque, conseille. En 2001, lors de cette conférence, on avait des activités jusqu’à 2 heures du matin. Il venait nous réveiller à 4h du matin en nous disant de prier l’aube à l’heure. On a aussi collecté des fonds pour des personnes vulnérables ».

Le dernier moment avec Oustaz, c’était jeudi dernier au cimetière « où il sera enterré aujourd’hui, on était allé enterrer la mère d’un voisin. Ce jour, on s’est dit : on s’appelle », raconte Saliou Diallo en larmes.

Le défunt était originaire de Labé, précisément de Labé-Dhéppéré, il avait moins de 40 ans selon sa famille. Il était marié à deux femmes et père de six enfants. Il a été inhumé au cimetière de Koloma mercredi 8 juillet après la prière de 14 heures.

Oumar Tély Diallo

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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