Autrefois le même peuple sous l’empire Manding de Soundiata Keita, Guinéens et Maliens se sont toujours considérés comme frères et sœurs. Une fraternité symbolisée par la célèbre formule : le Mali et la Guinée « sont deux poumons d’un même corps ». Même le tricolore malien est le drapeau guinéen inversé. Plusieurs soldats guinéens ont perdu la vie dans le Nord-Mali, d’autres continuent de s’y battre contre les djihadistes.  

Alpha Condé et Ibrahim Boubacar Keita n’étaient pas des homologues, mais des « frères », comme ils se faisaient appeler. C’est en toute logique donc que le premier s’était vigoureusement opposé au renversement du second par un coup d’État militaire, le 18 août dernier. Quand les autres chefs d’État, y compris le Français Emmanuel Macron, prenaient acte de la prise du pouvoir par les hommes de Assimi Goïta, le président guinéen jouait son va-tout pour ramener IBK aux commandes. Finalement, sans succès. Et depuis, les relations entre la Guinée et le Mali semblent se refroidir. 

Le président de la transition malienne Bah N’Daw a entamé le 12 novembre une tournée de six jours qui l’a conduit au Ghana, au Togo, au Sénégal et en Guinée-Bissau. Pourquoi pas chez son voisin du sud ? « Vous savez, il revient aux autorités maliennes de justifier l’agenda de leur déplacement », précise un cadre du ministère guinéen des Affaires étrangères. « Nous travaillons toujours à maintenir nos relations diplomatiques, hormis quelques frictions au moment du coup d’Etat », renchérit-il.

A contrario : l’absence remarquée des autorités de Conakry aux obsèques de l’ancien président malien Amadou Toumani Touré (ATT), mardi 17 novembre à Bamako. « Je crois que c’est l’ambassadeur qui y est allé », réagit brièvement une source à la Présidence guinéenne, visiblement sans trop de conviction. 

DL