
Les partisans d’une nouvelle Constitution en Guinée accueillent le Prési Alpha Grimpeur, ce jeudi, qui revient d’un voyage à l’étranger pour montrer qu’il y a une partie du peuple qui reste favorable à la nouvelle constitution par voie référendaire. Au contraire des positions défendues par le FNDC. Pour grossir la foule, les élèves ont été mis à contribution.
Au Lycée Kipé, comme au collège et à l’école primaire, à l’image de nombre d’établissements de la Conakry n’ont pas fait cours. M.C, lycéenne en terminale Sciences Sociales, est surprise de constater ce matin qu’il n’y a pas cours : « Hier j’ai entendu des rumeurs qu’il ne va pas y avoir cours aujourd’hui, mais je n’étais pas sûre et je ne savais pas la raison. Finalement, comme je ne voulais pas chômer, je suis venu ce matin constater que oui, il n’y a pas cours. Malheureusement. Et aujourd’hui, on avait Français et Philosophie, deux matières de spécialité. Moi je n’étais pas informé du tout ». Pour elle, s’il n’y a aucun mal à accueillir son président, cela ne devait pas impacter le déroulé des cours : « Je regrette cette décision. Je fais le BAC cette année et du coup les quatre heures de cours manquées aujourd’hui sont perdues à jamais. Et on sait à chaque fois, il y a des manifestations qui perturbent les cours. Bientôt les élections de 2020, on devrait profiter pour achever les programmes. Au bac, ils ne tiendront pas compte de ces perturbations. Le président peut venir oui, mais cela ne doit pas jouer sur le système éducatif. Au moins qu’on l’accueille un dimanche. Mais de cette façon-là, ce n’est pas bien ».
Oumar Diallo également est en terminale Sciences Sociales au Lycée Kipé. Lui était au courant qu’il n’allait pas y avoir cours aujourd’hui : « Hier, les membres de la direction, notamment les surveillants, pas le proviseur, ont informé les élèves de ne pas venir aujourd’hui à l’école, il n’y aura pas cours, parce qu’ils doivent aller accueillir le président de la République qui revient aujourd’hui. Ce sont les enseignants qui sont concernés, pour les élèves, c’est volontaire. Si tu veux, tu pars accueillir le président, sinon tu restes chez toi. Je trouve cette situation regrettable ». En tant que candidat et vu l’allure des choses qui se passent dans notre pays, Oumar Diallo estime qu’on ne doit pas mêler l’éducation à la politique. « Si le président rentre, qu’il rentre, mais qu’on laisse les élèves étudier. Perdre une journée dans ces conditions, on ne sait pas comment cela va-t-il être rattrapé. L’école est apolitique, on ne doit pas la mêler à la politiques ».
Déjà, les élèves des établissements qui bordent l’autoroute Fidel Castro ont été libérés et conduit à l’aéroport pour accueillir le Prési Alpha Grimpeur. Au bord de l’autoroute Fidel Castro, aux abords de l’université Gamal Abdel Nasser, des étudiants dansaient, chantaient et brandissaient des pancartes en soutien à la nouvelle constitution. Des médecins en blouse étaient visibles aux abords de l’hôpital Ignace Deen.
Oumar Tély Diallo