
Le 21 octobre, l’Union de la Basse-Guinée dirigée par El hadj Sékouna Soumah, a reçu à Tanéné (Dubréka) une délégation de la Coordination nationale des Foulbhés et Haali-poular, conduite par son président El hadj Ousmane Baldé. Au menu, la situation socio-politique, le renforcement des liens d’amitié entre les deux entités. La rencontre a été sanctionnée par une déclaration conjointe signée par les deux responsables. Ils ont dénoncé la « détérioration » du climat socio-politique du pays, les « massacres, la ségrégation, l’exclusion, la mauvaise gestion des richesses, la haine, la division, les arrestations arbitraires et autres arrestations des militaires, la répression sanglante, l’impunité, etc. ».
El hadj Ousmane Baldé a déclaré que l’on ne doit point recourir à la politique pour diviser l’islam, car « les politiques disent ce qu’ils ne font pas et font ce qu’ils ne disent pas. Ils divisent la mère et son enfant, ils divisent le musulman et le non musulman. N’acceptons pas que notre histoire nous condamne. Il faut qu’on se donne la main ! Soyons des frères, car ce qui peut amener le développement de notre pays et renforcer nos liens sociaux. Essayons ensemble de développer notre pays pour que nos enfants ne partent pas mourir ailleurs. » El hadj Sékouna Soumah a abondé dans le même sens : « Donnons-nous la main, évitons de se quereller. Actuellement, dans notre pays, les accusations sans fondement sont nombreuses. Ne suivons pas les hommes qui veulent se remplir les poches, moi je me préoccupe de la situation des gens. Si tu ne m’offres rien, Dieu le fera, parce que je me préoccupe des autres. Qu’ils nous accusent, qu’ils nous tuent, qu’ils nous fassent subir tant de choses, mais Dieu est là, c’est lui qui jugera. »
Ultimatum au gouvernement
Au sujet des militaires auraient été arrêtés pour accusation de « déstabiliser » le pouvoir, le Kountigui menace : « Nous avons une préoccupation : ils ont arrêté nos enfants, ils les ont envoyés jusqu’à Kouroussa. Cela est une violation de la loi, sinon, même si c’est un coup d’Etat qu’ils avaient tenté, ils allaient être détenus à la maison centrale de Conakry. J’exhorte qu’on les ramène à Conakry où ils seront jugés. Sinon, si quelque chose leur arrive, ce qui adviendra c’est Dieu qui le sait. Prendre des détenus pour les emmener en brousse, sans être jugés, mais c’est vouloir leur mort ! Si un seul d’entre eux a la migraine, vous ne pourrez pas nous contenir. J’ai averti les sages du Mandingue à Conakry, ils ont dit qu’ils ont compris. Si on tue l’un d’entre eux, on tuera tous les Soussous. Nous prenons la Coordination des Foulbhés et Haali-poular à témoin, si nos fils ne sont pas libérés d’ici au jeudi, on ne saura pas ce qui adviendra. Nous ne sommes contre personne. »
Piques politiques
« Si quelqu’un te prend comme ami, ne le trahit pas. Si on a géré jusqu’à neuf ans, tu dis que tu vas mettre en place une nouvelle loi (Constitution Ndlr), tes proches disent oui, certains disent qu’ils n’en veulent pas, vous sortez, vous les tuez. Est-ce que c’est la démocratie ça ? Après tu dis que les forces de sécurité n’ont pas d’armes, ils ne se sont pas introduits dans les maisons. Si on était dans un Etat de droit, l’on n’allait pas tirer sur quelqu’un parce qu’il est dans la rue, les forces de sécurité allaient le suivre pour connaître son intention », a fustigé le El hadj Sékouna Soumah, avant de désapprouver l’exploitation minière dans la Zone économique spéciale de Boké qui ne fait que « détruire » l’environnement, car poursuit-il les arbres fruitiers ne donnent plus et que la population ne fait que s’appauvrir.
Yaya Doumbouya