La CENI traverse une crise interne qui pourrait bien causer une implosion. Après Bano Show de l’UFDG, c’est Alassane Makanéra Kaké qui se retire avec fracas du processus électoral en cours. L’annonce est intervenue ce mardi, au lendemain de la conférence de Me Salif Kébé, qui soutenait que le processus électoral suit son cours normal, sans grands incidents. Les proches de Makanéra ont précisé tout de même qu’il ne démissionne pas de la CENI. Il se « retire seulement du processus électoral » pour marquer son opposition à la façon dont celui-ci est conduit. En termes simples, il ne va plus se mêler des activités liées à l’enrôlement des électeurs, l’impression du fichier provisoire, l’affichage et la correction, l’impression du fichier définitive, l’impression et la distribution des cartes électorales etc.

Bano Show a dénoncé, hier, juste après la conférence du président de la CENILE, un accaparement de l’institution par l’administration, en complicité avec le président Kébé. Bano Show a fustigé la gestion solitaire du site central par Me Kébé. « Il n’y a aucune possibilité pour un commissaire, si compétent soit-il en informatique, d’évaluer ou de contrôler les travaux sur le fichier. Seul le président peut demander une information ou donner une instruction à l’opérateur Innovatrix. Personnellement, pour le moment, je suis au regret de dire que je ne suis pas en mesure de certifier les travaux du fichier en cours ». Une source proche de la CENI a indiqué que cette démarcation émanait de tous les commissaires issus de l’opposition, mais les autres se sont ravisés à la dernière minute. Finalement, Bano Show a signé la déclaration. Ce mardi, c’est Makanéra qui se retire du processus pour les mêmes raisons.

A l’allure des choses, nombre d’observateurs estiment que les commissaires issus de l’opposition devaient se retirer de la CENI tout simplement pour obliger l’institution et son président à se remettre en cause.

Oumar Tély Diallo