
A moins d’une semaine du double scrutin légis-tardif et référendaire, le Conseil national des organisations de la société civile pour la démocratie et le développement (CNOSC-DDG) invite les Guinéens à retirer leurs cartes d’électeur et à voter massivement le 1er mars pour renouveler les dépités à l’Assemblée nationale. Malgré la volonté du FNDC d’empêcher ces élections. Les membres de cette structure l’ont fait savoir lors d’une conférence de stress, ce mardi 25 février. Connu pour son franc-parler et son opposition à la manière dont la CENI mène ses activités jusqu’à un récemment, Salmana Diallo, prési du CNOSC-DDG, justifie son revirement par le fait que le mandat des dépités ait expiré depuis 2018 : « Il faut la tenue de ces élections pour permettre à la population d’obtenir une Assemblée nationale composée de députés légitimes et légaux. Nous demandons à l’ensemble des Guinéens de retirer leurs cartes d’électeur et de voter calmement le 1er mars. Les députés actuels sont déjà hors mandat depuis 2018, ils sont illégitimes et n’ont plus droit à la parole. Ils ne veulent pas quitter le Parlement ». M. Diallo annonce le déploiement d’observateurs sur tout le territoire pour superviser le scrutin : « Le CNOSC-DDG avait programmé 900 observateurs, mais faute de moyens, nous avons été amenés à revoir nos plans. Nous déployons finalement 253 observateurs ».
Ces derniers temps, bien de Guinéens soupçonnent Salmana Diallo de chercher à se rapprocher de la mouvance pestilentielle : « Je ne suis manipulé par personne. Je n’ai reçu l’argent de personne. A l’opposition, on dit que Salmana est de la mouvance, à la mouvance on dit que Salmana cherche à empêcher les élections. Nous, nous sommes indépendants ».
La bosse du CNOSC-DDG s’en est également pris à l’Organisation internationale de la francophonie, OIF. Il accuse l’organisation de faire double jeu : « Ce qui nous a rassurés, c’est quand l’OIF a dit que tout est prêt. On ne peut pas dire que tout est prêt et attendre à quelques jours des élections pour créer la zizanie. L’OIF n’aide pas la population guinéenne… »
En réalité, cette prise de position découle d’une frustration du dirlo du CNOSC-DDG. Salmana Diallo souhaitait être commissaire au sein du machin en charge des sélections, mais le Code électoral révisé ne lui permettait pas. Il impute cet échec aux dépités actuels notamment ceux de l’opposition : « Il y avait des lobbys qui voulaient que je parte à la CENI, mais je me suis rendu compte que je ne peux pas, parce que le Code électoral dit que pour être commissaire à la CENI, il faut être titulaire d’au moins un diplôme de licence. Moi, je suis fier de dire que j’ai fait l’école professionnelle. Je leur enseigne tous sur le processus électoral. Ce qui me fatiguait en 2010, ce que je refusais de prendre l’argent, maintenant là, les gens n’osent même plus m’approcher. Quelqu’un m’a même dit : « Maintenant, même si tu veux de l’argent, tu n’auras pas. » C’est pourquoi je suis fâché contre les députés, surtout contre ceux de l’opposition. Ils m’ont empêché d’être à la CENI. Il faut qu’ils quittent maintenant… » Le CNOSC-DDG a refusé de se prononcer sur le référendum. Ce qui n’était pourtant de l’amer à boire.
Yacine Diallo