Le Front national pour la défense de la Constitution avait observé une trêve après le double-scrutin controversé du 22 mars. Le FNDC avait justifié cette décision par la présence de la pandémie du Coronavirus dans le bled depuis mi-mars. Mais cette trêve fait long feu. Excédée par les multiples arrestations dans ses rangs, la Coordination nationale du Front a annoncé la reprise des manifestations juste avant la fin du mois de ramadan. L’opposant, Le Sid de l’UFR est même allé un plus loin, en annonçant que la reprise des manifestations est sans équivoque.
Des prises de position qui ont fait rapidement réagir le mystère de (l’in) sécurité. Damantang-tangue et ses hommes accusent le FNDC de vouloir troubler l’ordre public: « Il est aujourd’hui clairement établi qu’il s’agit de provoquer des affrontements avec les forces de l’ordre et occasionner de nouvelles victimes, à l’image de ce qui s’est passé à Coyah, Dukréka et Kamsar, et ternir ainsi l’image du gouvernement aux yeux de l’opinion et internationale» peut-on lire dans le communiqué. Selon le contrôleur général de la police, le FNDC agirait à instaurer un climat d’insécurité, à occasionner la propagation de la Covid-19. Le mystère de (l’in) Sécurité annonce déjà ceux à quoi pourrait ressembler les journées de manifestations du Front : « Les fauteurs de troubles ainsi que les commanditaires seront recherchés, traqués et traduits devant les tribunaux conformément à la loi».

Le FNDC contre-attaque

La réaction du Front à la sortie du mystère de (l’in) Sécurité et de la protection civile n’a pas tardé. Le Front rappelle que la crise sanitaire que la Guinée peine à endiguer a été «provoquée et entretenue par le gouvernement pour servir d’instruments politique contre les opposants au projet de 3e mandat en Guinée ».
Dans sa déclaration, le FNDC note: «l’incohérence et l’irresponsabilité notoire du gouvernement qui se sert du Coronavirus pour tenter de nous imposer un coup d’État constitutionnel et de neutraliser le FNDC avant l’annonce de la candidature de Monsieur Alpha Condé pour un troisième mandat illégal ».
Le FNDC qui compte à ce jour près de 200 militants incarcérés dans les différentes prisons guinéennes accuse le goubernement de propager volontairement le Coronavirus dans les principales prisons dans le seul but d’éliminer des citoyens opposés au coup d’État constitutionnel.
Malgré les menaces brandies par le mystère de (in)Sécurité, le FNDC réitère son appel au populo « à se préparer à la reprise des manifestations dès après la fête de ramadan pour exiger la libération de tous nos militants kidnappés et volontaires exposés à la contamination à la Covid-19 dans les prisons». Ça commence !

Yacine Diallo