Le troisième mandat du Président Alpha Condé, c’est apparemment « le mandat des grèves. » Après les étudiants, les enseignants, actuellement les conservateurs de la nature et les gérants des kiosques Orange-Money, le syndicat des pharmaciens veut aussi se faire entendre à travers un préavis de grève rendu public le mardi 9 février par le secrétaire général du syndicat. Les professionnels de la pharmacie menacent d’aller en grève. Dr Manize Kolié accuse le ministère de la Santé de n’avoir pas respecté certains points convenus récemment avec les autorités du pays.

 Préavis de grève des pharmaciens de Guinée.

À son Excellence monsieur le Ministre de la Santé.

Contexte et justification.

Le 4 février 2021, les pharmaciens guinéens ont répondu massivement à l’invitation du Syndicat. Au menu de cette importante réunion, un thème : la problématique du secteur pharmaceutique guinéen: les défis de l’assainissement et la réglementation, garants de la sécurité sanitaire, et l’emploi.

Les Pharmaciens guinéens, après avoir passé en revue les textes   législatifs en particulier, la loi L/024/AN du 20 juin 2018, relative aux médicaments, produits de santé, et à l’exercice de la profession de pharmacien, en son article 36 référent la convention européenne, internationale Médicrime, l’arrêté d’application A/2019/047/MS/CAB, du 15 janvier 2019, du ministre de la Santé, fixant les attributions, la composition, l’organisation, et le fonctionnement de la brigade de répression Médicrime, déplorent la crise existentielle profonde qui menace le monopole, l’emploi, et la qualité des services des professionnels de la pharmacie en Guinée.

Cette profession est sur le point de tomber définitivement   sous le contrôle des commerçants, et des lobbys très puissants.

Le désintérêt manifeste de l’autorité de tutelle, dans son rôle régalien de protection et de régulation, est à l’origine de tous les maux dans ce secteur. Malgré les recommandations du Président de la République, le Professeur Alpha Condé, lors de l’audience qu’il a accordée aux Organisations Professionnelles de la Pharmacie, le 27 mars 2019, relayées par le Premier Ministre le 20 mai 2019, à savoir : la réduction du nombre de sociétés grossistes, le fonctionnement de la brigade Médicrime, l’organisation des états généraux de la santé, les cadres du ministère de la Santé emploient tous les subterfuges administratifs pour nuire et empêcher la mise en place et le fonctionnement de la brigade Médicrime en Guinée. La non-application des recommandations de l’arrêté   N* A/2019/047/CAB/MS, du 15 janvier 2019, en est la parfaite illustration.

C’est au forceps, la menace d’une grève générale des Pharmaciens de Guinée, que le siège de la brigade a été inauguré le 20 janvier 2020, pour ne jamais fonctionner. Le rapport de la commission mixte d’évaluation pour la réduction du nombre de sociétés grossistes est classé sans suite. Au même moment, nous assistons à une prolifération des structures illicites de vente, et des importations massives de médicaments.

Face à cette situation inacceptable, et le constat de la dégradation très avancée des fondamentaux de cette profession, les Pharmaciens de Guinée, décident de déclencher une grève, pour interpeller les autorités. Le Syndicat des Pharmaciens de Guinée est chargé d’organiser et gérer cette grève. Les Pharmaciens de Guinée, sont invités, dans la discipline, à observer cette grève.

Conakry le 4 février 2021

Le Secrétaire général du Syndicat, Dr. Manizé  Kolié