Ouvert depuis six mois, le procès de Néro Lancinet Camara, accusé pour « viol et harcèlement » par dame Laurence Rouyer, fondatrice de l’orphelinat Hakuna Matata de Dabompa, a continué le 7 juin, au Tribunal de première instance de Mafanco (Matam). A la barre, Phillipe Bangoura, encadreur à l’orphelinat. L’audience devait entendre le médecin légiste, Namandian Traoré, qui n’a malheureusement pas comparu, parce que selon la défense, sa version n’a pas été contestée en Chambre de conseil.
La présidente du tribunal, dame Bamba Kallo a donc invité Philippe Bangoura à la barre. Celui-ci nie l’accusation faite par Néro, qui dit l’avoir surpris avec sa femme, Laurence Rouyer, dans leur chambre conjugale en train de s’embrasser. « Néro ne m’a jamais surpris avec maman (Laurence) en train de nous embrasser. Ce n’est qu’une relation professionnelle qui nous lie. C’est le 31 mars qu’une collègue m’a informé que les filles souhaitaient me rencontrer. Quand je les ai reçues, la nommée S… m’a dit que Néro la harcelait depuis un moment et il a même tenté de coucher avec elle. D’autres filles m’ont dit qu’il n’a pas pu les pénétrer, donc il introduisait ses doigts dans leurs partes génitales (…) » a déclaré Phillipe Bangoura à la barre, avant de reconnaitre que c’est lui qui aurait déposé Néro à la Police, le 31 mars 2022, juste après avoir reçu une lettre de licenciement et son salaire du mois. « J’ai dit aux éducateurs de l’empêcher de sortir et je me suis rendu à la police. Après, nous sommes venus dans un pick-up pour le déposer à la police de Dabompa. Arrivés, les policiers m’ont demandé qui doit porter plainte ? J’ai répondu : C’est maman (Mme Laurence). Le lendemain, elle est venue porter plainte ».
Pourquoi n’avez-vous pas informé Mme Laurence aussitôt que vous avez appris l’affaire ? Philippe Bangoura répond : « En tant qu’éducateur, c’était mon devoir d’alerter la police, ensuite informer maman (Laurence) ». La juge rétorque que ce rôle ne lui revenait pas, elle lui demande pourquoi s’est-il immiscé dans le couple, jusqu’à prendre une décision, alors qu’il était renvoyé de l’établissement. Philippe Bangoura est resté muet.
Si le ministère public estime que le témoignage de Phillipe Bangoura a édifié la lanterne du tribunal, la défense, elle, estime que ses accusations illustrent un complot contre leur client. Par conséquent, ils ont demandé au tribunal de se passer de cette déposition pour accorder une liberté provisoire à leur client. A défaut, la juge devrait déclarer les débats clos et renvoyer l’affaire pour les réquisitions et plaidoiries. Une demande que le ministère public et la partie civile ont qualifié d’inopportune à ce stade du procès.
La prési du tribunal, sur siège, a rejeté la demande de mise en liberté de Néro Lancinet Camara et a renvoyé l’audience au 13 juin prochain, pour l’audition du médecin légiste.
Kadiatou Diallo