La Crief s’est fait un nom par la convocation toute bête de nos célébrités suspectes. Bientôt, les grosses légumes « bénéficières de décrets,» devront aller tout droit chez Thierno, le Marabout salvateur, avant de prendre leurs fonctions. Avec le CNRD, sait-on jamais !

Depuis l’accession du pays à la souveraineté nationale le 2 octobre 1958, les régimes se plaisent à se succéder et refusent de se ressembler. Le PDG instaure les réunions du vendredi pour mieux asseoir le centralisme démocratique et le développement non capitaliste. Le résultat est patent. Le 3 avril 1984, la Guinée des colonels ne connaît ni démocratie ni développement. Le CMRN et le PUP se donnent pour mission le redressement et le libéralisme. Ils ratent le développement par excès de libertinage. En décembre 2010, s’installe la roublardise du RPG, le Rassemblement du peuple de Guinée. Quelque onze ans plus tard, les hommes de Mamadi Doumbouya tirent les premiers, s’emparent d’un pays divisé, exsangue, sans État. Un système politique sans âme. Une gouvernance sans scrupule. Une justice sans boussole.

Il fallait une transition devant. Il y en a eu. Comme devant ? Trop tôt pour le dire. Toutes nos transitions ont été peu ou prou singulières. Celle des premiers putschistes enfante le PUP du Président Conté. En 2008, la deuxième,  sanguinolente, se laisse dissoudre dans le régime civil si peu civilisé de monsieur Alpha Grimpeur. A l’arrivée du CNRD en septembre 2021, la Guinée célèbre ses 63 ans de surplace en matière de progrès démocratiques réels  et  de développement durable. La boussole en bandoulière, la transition du Général Mamadi Doumbouya n’échappe aux zigzags habituels. Mais pour la première fois, les crimes de sang  connaissent un procès, dans un État dictatorial permanent. A présent, la pléthore des marris de Dame Thémis doivent pouvoir nous dire pourquoi le CNRD ne finit pas de tenir sa promesse de faire de la Justice sa boussole.

Qu’à cela ne tienne, des étapes positives auront été franchies. Nous sommes à la phase des convocations. Là aussi, il y a du nouveau. Comme les habitudes ont l’avis dur, la CRIEF apprend à convoquer nos gestionnaires indélicats en temps réel. Les patrons des gabelous sont au gnouf pour quelque 800 milliards, 1 400 milliards à la Direction Générale des Impôts, 78 milliards à l’OGP…Ce n’est pas tout, loin s’en faut !   Au Patrimoine Bâti dit public, 267 milliards manqueraient à l’appel, mais le patron a tout l’air de connaître le genre de bâtiments que l’État a affectés à l’hôtel 5 étoiles de Coronthie. Il a préféré prendre le large avant de bénéficier du décret de limogeage. Le CNRD vient d’introduire ce terme dans le vocabulaire administratif du pays. M. Diawara ne semble pas avoir que des mains lestes, ses jambes lui arrivent au cou.

Malgré cette révolution judiciaire, les caisses de l’État s’obstinent à verser des larmes de crocodile. Il paraît que les affaires d’or restent obstinément familiales, celles du dollar relèvent de l’inconnu. Il ne reste plus qu’à laisser la presse jouer sa partition. Amen !

Par Diallo Souleymane