L’Association des journalistes pour la promotion du droit organise, les 28 et 29 mars, un atelier de formation à l’intention d’un groupe de journalistes sur la notion du droit. Objectif, les outiller sur les termes appropriés dans les comptes-rendus des couvertures médiatiques des procès.
C’est un secret de polichinelle que le lexique juridique donne du tournis à certains journalistes-reporters. Il est fréquent de constater dans les comptes-rendus d’audiences que des hommes de médias mélangent les expressions, se trompent sur les noms ou les fonctions des acteurs de la chaîne judiciaire ou des cours et tribunaux. Pour remédier à ces tares, l’AJPPD a initié cette formation pour les journalistes qui couvrent les audiences dans les cours et tribunaux. Almamy Kala Conté, président de cette association a insisté, dans son discours d’ouverture, sur l’importance d’une telle session : « Nous nous sommes dits, au sein de l’association, qu’il y a assez de problèmes dans les comptes rendus des audiences après les procès dans les cours et tribunaux. Nous nous sommes dits pourquoi ne pas approcher les professionnels du droit, pour nous donner les bases de la couverture médiatique d’un procès. Cela permettra aux journalistes, de placer les mots qu’il faut à la place qu’il faut ».

Pendant la première journée, les débats ont porté sur les étapes d’un procès : l’enquête policière, censée établir les faits d’une infraction pénale, identifier les auteurs et les victimes. Les acteurs clés d’une enquête : l’officier de police judiciaire jouissant d’une habilitation du procureur général, l’agent de police judiciaire qui n’est pas habilité, mais qui aide l’OPJ. Il y a aussi le procureur et les juges d’instruction ou encore les experts judiciaires. Les échanges ont tourné sur les types et les phases de l’enquête : l’enquête préliminaire, l’audition, l’interrogatoire, la garde à vue, la perquisition, le mandat, le recollement, la main courante ; la réquisition, le procès-verbal ou encore le scellé.

Les participants ont aussi débattu avec les formateurs sur les notions du secret de l’enquête, de l’accès à l’information, de l’information confidentielle, de la présomption d’innocence. Des explications détaillées ont été fournies sur la différence entre le suspect, l’inculpé, le prévenu et l’accusé, selon l’étape de la procédure et la nature de l’infraction : « Au niveau des différentes phases de la procédure, on a donné les dénominations qu’il faut, les termes qu’il faut. Il arrive des fois qu’on met accusé à la place de prévenu, suspect à la place de prévenu. Ou alors qu’on emploie des termes qui sont de nature à porter atteinte, soit à la présomption d’innocence, soit à l’honneur et à la considération d’autrui. Lorsqu’un journaliste dit, par exemple, les présumés malfrats, les présumés violeurs, les présumés assassins, ce sont des termes attentatoires à la présomption d’innocence. Il vaut mieux appeler les choses par leur nom. Une personne poursuivie à l’enquête de police est appelée : suspect. Une personne contre laquelle le juge a décidé d’informer en retenant qu’il y a des indices graves et concordants qui soulignent sa participation à une infraction, l’intéressé est appelé inculpé. Une personne poursuivie devant un tribunal correctionnel ou un tribunal de simple police est appelée prévenue. Une personne poursuivie devant le tribunal criminel est appelée accusée », explique maître Pépé Antoine Lama, formateur.
Pour la deuxième journée, les échanges vont porter sur l’organisation de la justice guinéenne, les rôles des différents acteurs judiciaires ou encore la mission de l’avocat.
Yacine Diallo