Jamais de fumée sans feu. Il se dit que Cellou Baldé n’a pas apprécié l’absence de son parti à la cérémonie de mariage de sa fille. Une bonne excuse pour justifier la suite ? De fil à aiguille, l’homme, qui défraye la chronique, a fini par confirmer le secret de Polichinelle. La coïncidence entre les deux événements est troublante, suscite moult interrogations. L’absence de ses collègues a-t-elle été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ? Un cadeau tombé du ciel pour le CNRD. Qui a saisi cette occasion. Pour réaliser un vieux rêve?
La publication de la photo avec Mamadi Doumbouya flanqué des responsables de l’UFDG a présentée d’abord comme un canular de l’intelligence artificielle s’est ensuite avéré comme un vrai cauchemar pour le parti. Plus le temps passe, les responsables et militants se sont résolus à reconnaître ce coup de poignard dans le dos du parti. Ce n’était nullement un montage. Dans un communiqué, la Direction nationale du parti indique que “cette rencontre- au palais Mohamed V- est l’aboutissement d’un processus de tractations et de négociations mené depuis plusieurs mois, s’inscrivant dans la politique de débauchage des cadres de l’UFDG initiée par le CNRD”.
Le même communiqué ajoute qu’en contrepartie de leur soutien au CNRD, les cadres de l’UFDG se verraient accorder des faveurs dans l’attribution de marchés publics et des nominations au sein de l’Administration voire du gouvernement. Reconnaissant de facto qu’un gros poisson vient de mordre à l’hameçon du CNRD.
Georges Clemenceau : « Un traître est un homme politique qui quitte son parti pour s’inscrire à un autre. Par contre, un converti est un homme politique qui quitte son parti pour s’inscrire au vôtre ». Ce coup assené au plus grand parti politique du pays est perçu de manière différente, par l’UFDG ou du CNRD. Un mal pour un bien, le parti se débarrasse des traîtres. En politique, chacun serait libre de venir et de partir. Si Cellou Baldé, aux yeux du CNRD, passe pour un converti.
Dans sa logique de renvoyer le retour à l’ordre constitutionnel aux calendes grecques, le CNRD est sur tous les fronts. Les initiatives se multiplient. En ligne de mire, l’UFDG et le RPG. Pour le besoin de la cause, le pouvoir manie la carotte le première use du bâton avec l’autre. Réception au palais pour les uns. Prison pour les autres.
La rencontre entre le président de la transition et les responsables de l’UFDG s’inscrit sans doute dans la remise en cause des engagements du 5 septembre 2021. Il faut, à tout prix, affaiblir voire anéantir les deux partis qui perturbent le sommeil du palais avant les prochaines compétions électorales. Le pouvoir ne lésine pas sur les moyens. Il a mis au gouf les principaux leaders de l’ancien parti au pouvoir. Intimidé et poussé à l’exil le chef du parti arrivé deuxième à toutes les élections ces dernières années. Avant de faire les yeux doux à ceux qui sont censés reprendre le flambeau du parti. Avec un discours de fermeté : “vous serez avec nous ou contre nous”.
Le CNRD fait recours aux services des “experts” en transhumance politique. Leur exploit n’est pas du goût des membres de l’opposition quant rejoint le pouvoir bien avant. Les arrivés entrainant infailliblement les départs. Avec la perspective d’un remaniement ministériel, les ministres ne cachent pas leur anxiété. Y compris le premier d’entre eux.
Habib Yembering Diallo