Curieux ! Le PDG sort indemne de « l’évaluation » par le MATD des 158 formations politiques qui se disputent la Guinée, ou ce qu’il en reste. Le Mystère de l’Admiration du Trottoir et de la Désarticulation a publié ses résultares. Personne ne pipe maux. Ni les militants du parti béni, anciens ou nouveaux, ni  les administrateurs-admirateurs du ministère évaluateur, encore moins les victimes des partis frères recalés. Pourtant, il y avait matière à étaler, explorer, expliquer, expliciter… Le Parti Démocratique de Guinée sort OK là où le pays tombe KO. Surtout l’UFDG, épinglé pour l’organisation d’un congrès à la fois obligatoire et impossible.

En jetant encore un regard en arrière, les Guinéens sont toujours dans l’obligation de demander des comptes au mystère en charge de l’administration du territoire. Le problème change de gestionnaire, pas de nature. Le 17 avril 1992, feu Ismaël Ghussein, le Gughus du Lynx, avait surgi chez René la Gomme, ministre de l’Intérieur de Fory Coco, le PDG-RDA en bandoulière. Très bien, le parti du Responsable Suprême de la Révolution réapparaît! Diffamation, qui vous a dit ça ? Au « Congrès de 2010 », encore plus d’ambigüité, plus de confusion, plus de questionnement : de quel PDG s’agit-il ? En 2025, le MATD de Son Excellence Généralissime Kalil, naturellement Condé, s’est déclaré ami-ami avec le PDG de Mohamed Touré. La question se fait précise, le besoin de clarté, pressant. Les Guinéens doivent forcément connaître si le PDG de Mohamed est le même que celui d’Ahmed.

Limpides sont les statuts hérités du PDG d’Ahmed Sékou Touré. Mieux ou pire, ils sont disponibles sur le net. Quelque 172 articles, disséminés à travers 48 pages qui réglementent à la virgule près, tout ce qui bouge dans le pays, de quel que côté que l’on se tourne. Sauf oubli impardonnable de l’Histoire, les Guinéens ne se sont jamais retrouvés pour évaluer l’héritage du Parti-État-Homme-Peuple. Pourtant, avant de s’embarquer pour Cleveland fin mars 1984, le Président Sékou Touré nous a laissés dans la plus belle des unanimités sur les textes fondateurs de la Nation. Article 172 : « Les présents statuts ne peuvent être modifiés que par le Congrès du Parti ou le Conseil National de la Révolution. »

Si le 41è anniversaire de sa disparition nous trouve dans la confusion et le désarroi, il est malaisé d’en coller les causes  à quelqu’un d’autre. Savions-nous exactement qui nous étions ce 26 mars 1984 au soir? Plus que des orphelins, des zombies. Le Parti-État vivait à notre place. L’article 121 des statuts du PDG est édifiant :« Le Secrétaire Général du Parti-État, Président de la République et Responsable Suprême de la Révolution, bénéficiant de la confiance du Peuple, reste, pendant son mandat, le délégatoire permanent des droits et prérogatives de la Nation. Il incarne l’unité de direction du Parti et de l’État. Il est responsable du fonctionnement correct de toutes les institutions du Parti-État. Il est l’autorité suprême pour le maintien général de l’ordre et de la discipline. Il assume la défense de la Révolution dans l’intervalle des Congrès du Parti et des CNR dont les assises examinent toutes les décisions prises par lui. » Candidat unique, il est élu par acclamation. En 2025, la seule habitude qui nous reste, c’est applaudir. Applaudissons !

Diallo Souleymane