Jeudi 3 avril, la ville de Kankan a été le théâtre d’une manifestation organisée par le Collectif des enseignants contractuels communaux non retenus pour la fonction publique. Venus des cinq préfectures de la région (Kankan, Siguiri, Mandiana, Kérouané et Kouroussa), ils exigent leurs intégrations à la fonction publique.

Munis de pancartes, les manifestants ont défilé devant l’Inspection régionale de l’éducation (IRE), la Direction préfectorale de l’éducation (DPE) et le Gouvernorat. Ils y ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme « une injustice. »​ Joint par Le Lynx, le leader du groupe s’est montré très optimiste quant à l’aboutissement de leur démarche. Moussa Diakité, responsable du Collectif et ses camarades se considèrent déjà comme «des fonctionnaires en attente. Nous n’allons pas reculer, car c’est une injustice totale d’intégrer une partie à la fonction publique et de laisser l’autre alors que nous faisions tous le même travail ».

Moussa Diakité dit avoir détecté des anomalies dans le processus de recrutement pour la fonction publique depuis l’annonce des résultats. Il accuse des gens mal intentionnés de vouloir nuire à son collectif : « Nous avons commencé les revendications depuis plusieurs mois. On a été jusqu’au ministère à Conakry. À chaque fois qu’on se rapproche du but, des voix s’élèvent pour nous éloigner davantage. C’est une situation assez compliquée pour nous, car nous avons renoncé à deux ans de salaires pour être intégrés à la fonction publique ».

Le président du collectif dit avoir effectué une tournée dans les cinq préfectures de la région. Il dénonce un constat alarmant : « Plusieurs écoles sont fermées à Kankan, faute d’enseignants. Parmi nos camarades non-retenus, beaucoup vivent dans la mendicité désormais, certains ont eu des dépressions mentales. L’inspecteur de l’éducation nous a promis que la situation sera réglée dans un bref délai. À défaut, nous allons passer au plan B dont je me réserve le droit de vous révéler, pour le moment ». Il a invité ses collègues à rester mobilisés et solidaires.

Les autorités locales ont accueilli les protestataires. Moussa Keita, Inspecteur régional de l’Education par intérim, salue « la démarche pacifique des enseignants » et assure que leurs réclamations seraient transmises aux autorités compétentes. Aboubacar Tounkara, dirlo de cabinet du gouvernorat de Kankan, a recommandé aux grévistes de formaliser leurs revendications via un mémo à adresser au gouverneur de la région de Kankan. ​

Selon notre interlocuteur, après ces rencontres, les frondeurs se sont retirés vers le quartier Timbo, pour solliciter le soutien des autorités religieuses. A l’église et à la mosquée, où le grand imam de Kankan a formulé des prières pour une issue favorable à leur situation.

Les bouffe-la-craie contractuels de Kankan se disent déterminés à poursuivre leur mouvement jusqu’à l’obtention de la signature de leur arrêté d’engagement à la Fonction publique. Ils se disent prêts à prouver leur engagement en faveur de l’éducation guinée-haine.​

Abdoulaye Pellel Bah