La Russie s’est félicitée ce jeudi 3 avril d’un renforcement de sa coopération militaire avec le Mali, à l’occasion d’une visite à Moscou des chefs de la diplomatie de l’Alliance des États du Sahel (AES), une nouvelle étape dans la structuration de leur relation avec la Russie.
Première à reconnaître l’AES, première à la recevoir. La Russie avait ce jeudi consacré du temps et mis en valeur son échange diplomatique avec le Mali, le Niger et le Burkina.
Le chef de la diplomatie du Niger, Bakary Yaou Sangaré est pour sa part allé jusqu’à saluer « un évènement historique (…) qui marque un tournant », assurant encore qu’avoir la Russie à leurs côtés pour lutter contre le jihadisme « compte beaucoup » pour les trois pays sahéliens.
Sur la photo officielle de la rencontre sur le site du ministère des Affaires étrangères russe, figure bien sûr au centre le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov et, à sa gauche, Yunus Bek Yevkurov, le vice-ministre russe de la Défense, très discret, mais aux voyages réguliers en Afrique. La marque sans surprise en effet que ce partenariat se joue essentiellement sur l’échange bien connu : défense et appui militaire contre ressources naturelles.
« Notre coopération dans le domaine militaire s’intensifie », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov notamment à l’adresse de son homologue malien, Abdoulaye Diop, qui a aussi annoncé une visite officielle du chef de l’État du Mali, Assimi Goïta, en juin dans la capitale russe.
« Et la Russie était un allié de la Confédération des États du Sahel, avec laquelle elle partage une vision commune dans un certain nombre de domaines. Donc, il s’agit pour nous d’une première consultation politique avec un partenaire à l’extérieur de la Confédération des États du Sahel. Ce qui signifie que nous partageons beaucoup de valeurs communes que vous avez déjà déclinées et aussi que, plus qu’un partenaire, la Russie est aujourd’hui un allié sincère, mais un allié constant qui a toujours été aux côtés de nos pays depuis leur indépendance respective, mais aussi notre présence aujourd’hui aussi à Moscou. C’est le témoignage du fait que la Russie ait été le premier pays à reconnaître la Confédération des États du Sahel presque une semaine après sa création. Nous avons été aussi heureux d’accueillir dans notre région une visite de trois pays par le vice-ministre russe des Affaires étrangères, qui a été aussi un moment extrêmement important d’engager un dialogue politique sur des questions de sécurité comme sur les questions de développement. »
Par Rfi