Le mardi 11 novembre, entouré de ses pairs rwandais et gabonais mais aussi des grosses légumes guinéennes et d’invités de marque déposée dont les représentants des investisseurs, le Prési Mamadi Doum-bouillant a présidé, à Moribayah, la cérémonie d’inauguration des exportations des minerais de fer du mont Simandou. Du beau monde, il y en a eu. La charge émotionnelle de l’évènement était intense, la fête belle. Trop longtemps a été attendu ce jour fatidique. On s’est focalisé sur l’exploitation et l’exportation de la bauxite et des pierres précieuses, de l’or, du diamant… au détriment du fer dont la Guinée possède des jugements fabuleux à la teneur XXL.

L’exploitation du fer des monts Simandou et Nimba a toujours été considérée comme le principal levier de développement socioéconomique du pays et animé les causeries dans les salons huppés des châteaux et les salles de séjour lugubres des masures décrépites. Tout le monde en a parlé sans en avoir une idée exacte. Le serpent de mer. On se souvient qu’il a été la charnière durant la décennie 1970 du projet des mines de fer de Guinée (MIFERGUI) dont les perspectives de mise en œuvre a suscité force polémiques, notamment autour du transport du minerai du jugement à un port d’évacuation. Certains préféraient la réactivation du chemin de fer minéralier libérien (via le port de Buchanan). Cette option avait le mérite de réduire le coût d’exploitation des minerais de Simandou et du Nimba, car il n’y a ni ligne ferroviaire à construire ni port en eau profonde à édifier. D’autres privilégiaient que la mise en œuvre de ce projet offre l’opportunité à la Guinée de se doter d’un chemin de fer trans-guinéen et d’un port en eau profonde.

Les avantages économiques et sociaux de cette seconde option étaient multiples et considérables. L’option permettait à la Guinée d’engranger les énormes gains d’emplois et de l’exploitation bivalente de la ligne ferroviaire (évacuation du minerai et transport de passagers et de marchandises).

Etalée sur des décennies, cette polémique associée à la guerre civile qui éclate au Libéria en 1989 contraint les autorités guinéennes à mettre sous le boisseau le projet qu’on vient donc de mettre au goût du jour, mardi 11 novembre 2025. Une longue attente collective vient d’être ainsi comblée.

Dès lors, on comprend la ferveur et l’enthousiasme œcuméniques des Guinéennes et des Guinéens. N’avaient-ils pas suffisamment pris leur mal en patience ? Dans la conscience collective des Guinéens, le projet Simadou est semblable à un sésame. Alléluia ! Sésame, ouvre-toi ! La mise en œuvre du projet Simadou est aujourd’hui considérée comme la principale voie d’accès des populations guinéennes au nirvana. « Tout est bien qui finit bien », nous enseigne le vieil adage. Il a vaincu les vicissitudes, résisté au temps et est sur le point de combler les Guinéens de bonheur. Ainsi, choit-il !

Abraham Kayoko Doré