Pour marquer ses dix ans de féministe, la journaliste Aminata Pilimini Diallo vient de publier « Lettre à ma sœur ». L’ouvrage, édité par Fil d’Ariane à Dakar, aborde le quotidien des femmes.

Dans son livre, la consœur met à profit son parcours pour aborder le féminisme. « Je parle de la femme en générale. J’ai mis l’accent sur mes 10 ans de féminisme commencé en 2015. En 2025, il fallait que j’écrive quelque chose pour marquer cette période. Ensuite, je parle de mon activisme en tant que féministe.  Cet activisme est venu du journalisme. J’ai un peu raconté ma petite histoire : mes débuts, mon vécu, comment je vis le féminisme présentement, ce qu’il m’a donné, ce qu’il m’a pris et ce qu’il m’a empêché d’avoir », explique-t-elle dans un entretien accordé à notre rédaction le 22 décembre.

Mais comment lui est-il venu l’idée d’écrire Lette à ma sœur ? Aminata Pilimini Diallo est une mordue de la lecture et de l’écriture depuis toute petite : « Mes followers me disaient souvent : Pilimini tu as une belle plume ; tu fais des analyses pertinentes…Pourquoi ne pas écrire ? Et un jour, mon médecin m’a également conseillé d’écrire tout ce que je fais sur les réseaux sociaux ou dans la vie courante dans un document pour impacter la génération future. C’est de là qu’est venue mon idée d’écrire un livre ».

L’auteure dépeint les maux des Guinéennes, dans une société patriarcale où les pesanteurs sociales et culturelles freinent leur évolution.

« J’encourage les femmes à écrire »

A la question de savoir comment elle concilie le journalisme, le web féminisme et l’écriture,

Aminata Pilimini Diallo répond que c’est complémentaire. « Le journalisme m’a amenée à être féministe. Mon site, Actu-elles.info, traite des questions de femme. J’animais aussi une émission réservée aux femmes et au féminisme. Et dans l’écriture, je compte me focaliser sur cette thématique pour le moment. Donc ce n’est pas difficile d’aller de l’un à l’autre. Ils sont liés. »

Aminata Pilimini Diallo conseille à ses consœurs de s’armer de courage dans tout ce qu’elles entreprennent, à écrire : « Il faut visibiliser la lutte. Acceptons de parler de ce que nous sommes en train de vivre. On dit souvent que chaque femme est un roman, chaque femme a au moins une histoire. Et cela ne peut être matérialisé qu’avec l’écriture. Certains pensent qu’écrire est difficile mais non ! Il faut juste écrire ton histoire, quelqu’un va te corriger, un autre te dira de faire ceci ou cela. Il suffit juste d’avoir une histoire à raconter. Parlons de nos vécus, faisons connaître nos luttes. Il faut surtout que nous, journalistes, fassions la promotion des autres femmes. »

Kadiatou Diallo